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Route 116: le MTQ refuse de dédommager des accidentés

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 La route 116 qui relie Victoriaville à Warwick était dans un état si lamentable l'hiver dernier que 50 automobilistes ont dû faire des réclamations au gouvernement pour des dommages majeurs à leur voiture, tous sans succès. 

 En moyenne, six demandes de réclamations sont adressées au ministère des Transports (MTQ) chaque année pour des incidents sur la 116, entre Victoriaville et Warwick, un nombre huit fois moins élevé qu'au cours du dernier hiver selon les données du ministère. 

 Cette année, les 10 000 automobilistes qui empruntent quotidiennement cette route avaient affaire à un champ de bataille parsemé de crevasses remplies d’eau, ce qui a fait exploser le nombre d’accidents et de réclamations. 

  

Photo courtoisie, Richard Marcoux

  

 Pneus éclatés, jantes fendues, bris à la suspension, au radiateur, aux roulements, aux joints et au carter d’huile: voilà quelques-uns des dommages subis par les conducteurs avec qui nous nous sommes entretenus. 

  

Presque aucune jante ne résistait aux nids-de-poule, pas même celles d'un camion.
Photo courtoisie, Charles Lampron
Presque aucune jante ne résistait aux nids-de-poule, pas même celles d'un camion.

  

 Malgré tout, le ministère a refusé toutes les réclamations, considérant avoir agi rapidement et «avec tous les moyens appropriés, mais limités par des conditions météorologiques incontrôlables» pour réparer la chaussée. 

 Mise en demeure 

 Richard Marcoux, un étudiant de 21 ans, circulait sur la 116 lorsqu’un de ses pneus a éclaté en roulant dans un trou. Il a aussi brisé une roue en alliage et désaligné son véhicule. Exaspéré par la facture de réparation et sa demande de réclamation refusée, le jeune homme a décidé d’envoyer une mise en demeure de 551,17 $ au MTQ. 

  

En plus d'une crevaison et d'un désalignement, Richard Marcoux a aussi endommagé l'une de ses jantes.
COURTOISIE RICHARD MARCOUX
En plus d'une crevaison et d'un désalignement, Richard Marcoux a aussi endommagé l'une de ses jantes.

  

 «Ils auraient dû faire plus de surveillance, a-t-il déploré. Même s'ils sont intervenus, les trous étaient encore là. On ne savait plus où rouler, il y en avait tellement! Ce n'est pas comme si les trous étaient apparus du jour au lendemain.» 

 De son côté, Vicky Blanchet, une résidente de la région, a été victime de trois crevaisons, en plus d’endommager son carter d’huile. «À la longue, tous les trous sur la 116 ont également endommagé ma suspension, a-t-elle expliqué. Je n'ai pas le choix de les "tougher", je suis à faible revenu. J’y vais une étape à la fois.» 

 Comme les 49 autres personnes qui ont tenté leur chance, sa demande de réclamation a été refusée. Le ministère justifie ses refus en se référant à l'article 30 de la Loi sur la voirie, qui «exclut les dommages aux pneus et à la suspension d'un véhicule automobile causés par l'état de la chaussée». 

 Bruno Laramée, lui, n'a même pas pris la peine de remplir une demande puisqu'il «entendait que les délais étaient exagérés» et «qu'ils (le MTQ) refusent souvent les demandes». 

 «Ma copine a brisé deux autos différentes en roulant sur cette route, a dit le résident de Victoriaville. La facture n'était pas très élevée, mais quand ça arrive en revenant de ton job étudiant et que ça te coûte 150 $ en réparations, ta journée de travail est à l'eau.» 

 Pic le 24 janvier 

 Gilles Payer, porte-parole du MTQ, confirme qu'il y a eu un pic de signalements en lien avec l'état de la chaussée dans ce secteur le 24 janvier. Or, la première plainte a été faite le 14 décembre. 

 Il ajoute que les conditions météorologiques défavorables ont grandement nui aux travaux d'asphaltage froid effectués d'urgence le soir du 24. 

  

La MTQ a fait des travaux d'urgence sur la route 116, mais les dégâts étaient déjà faits.
Photo courtoisie, Richard Marcoux
La MTQ a fait des travaux d'urgence sur la route 116, mais les dégâts étaient déjà faits.

  

 C'est ce soir-là que Cynthia Sabourin a eu son accident. « Il y avait quatre automobiles endommagées sur l'accotement en même temps, s'est souvenue la résidente de Warwick. C'était la première fois que je voyais quelque chose d'aussi débile. Le remorqueur en était à sa huitième intervention en moins de deux heures!», a dit celle qui a aussi vu sa demande de réclamation au ministère des Transports refusée. 

 Six mois plus tard, les trous ont presque tous été bouchés, mais la chaussée reste très cahoteuse. 

 D'importants travaux d'asphaltage et de planage d'une durée de 14 semaines sont prévus cet été entre l'intersection du rang Chicago et du rang Saint-Albert.