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La reine ouvre son royaume

Nadia Comaneci revient à Montréal à titre d’ambassadrice internationale de... judo

Le Grand Prix de Montréal a servi de prétexte à la Fédération internationale de judo pour ajouter Nadia Comaneci dans sa liste d’ambassadeurs. La reine des Jeux de 1976 a rencontré jeudi un autre champion olympique, le Français Teddy Riner, qui règne sur la catégorie des plus de 100 kilos.
Photo courtoisie, Emanuele di Felici Antonio (FIJ)  Le Grand Prix de Montréal a servi de prétexte à la Fédération internationale de judo pour ajouter Nadia Comaneci dans sa liste d’ambassadeurs. La reine des Jeux de 1976 a rencontré jeudi un autre champion olympique, le Français Teddy Riner, qui règne sur la catégorie des plus de 100 kilos.

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MONTRÉAL | Le judo n’offre pas la grâce de la gymnastique qui l’avait révélée aux Jeux olympiques de Montréal, mais il devient un joli prétexte pour ramener Nadia Comaneci là où elle a régné durant l’été 1976.

Le Grand Prix de judo de Montréal, qui se jouera jusqu’à dimanche à l’aréna Maurice-Richard, a provoqué un geste de la Fédération internationale de judo d’ajouter la reine des Jeux de 1976 à sa liste d’une quinzaine d’ambassadeurs, qui comprend notamment le président russe Vladimir Poutine et le ténor Andrea Bocelli. Le président Marius Vizer, originaire de Roumanie comme elle, a misé sur le lien affectif entre sa célèbre compatriote et le Québec pour mousser sa récente nomination.

Présente au tirage au sort dans les différentes catégories de poids, jeudi soir à l’auditorium du Stade olympique, on a revu chez l’illustre gymnaste le même sourire de la gamine qui faisait craquer les Québécois il y a 43 ans avec sa récolte de cinq médailles, dont trois en or. Arpenter la Place Nadia Comaneci au pied du stade, inaugurée en octobre 2017, c’est pour elle un retour à la maison.

« Montréal sera toujours spéciale pour moi parce que c’est une partie de ma vie. On ne peut pas écrire l’histoire de Nadia sans Montréal. Habituellement, quand une place est nommée en l’honneur de quelqu’un, cette personne est décédée. Mais moi, pourtant, je suis toujours en vie ! Quand Marius m’a dit que le tirage allait avoir lieu près de la place Nadia Comaneci, je lui ai dit : il faut que j’y sois », a exprimé la fée de 1976, qui participera à la remise des médailles vendredi.

Hommage de Teddy Riner

La reine partagera ces jours-ci son royaume avec un autre type de monarque, Teddy Riner. Une icône toute en finesse qui s’associe à un sport de combat, ça génère parfois un contraste avec un athlète énorme, autant au sens physique que pour son palmarès éloquent.

Dix fois champion du monde, titré olympique en 2012 et 2016 et invaincu à ses 144 derniers combats depuis 2010, le Français de 6 pi 8 po et 330 livres a choisi Montréal pour reprendre la compétition après une pause de 20 mois. Pour la visibilité du plus important événement de judo à se tenir au Canada depuis les championnats mondiaux de 1993 à Hamilton, cet ours immense tombe du ciel.

« J’ai 30 ans et j’ai toujours entendu ce nom dans la gymnastique. J’étais tout petit et j’entendais mes parents se réjouir de ses succès. C’est ça le sport de haut niveau. Il y a parfois des pépites qui font des merveilles », a commenté à propos de Comaneci le natif de La Guadeloupe, pour qui le tournoi chez les plus de 100 kilos se déroulera dimanche.

Un jour, sa mère viendra

Des fillettes s’amusant à faire des pirouettes ont eu du mal à se convaincre qu’elles avaient la vraie Nadia Comaneci devant elles, mercredi, lorsque la célèbre dame prenait des photos de « sa » place.

« Ce n’est pas une blague, c’est bel et bien moi », leur a-t-elle assuré.

C’est grâce au judo si une nouvelle occasion s’offre à elle de retrouver Montréal. Elle espère d’autres opportunités de ce genre pour réaliser un de ses rêves les plus chers.

« Je veux revenir ici autant de fois que je pourrai, mais j’ai réalisé aujourd’hui que ma mère n’était encore jamais venue à Montréal. Ça deviendra mon prochain objectif que de l’emmener un jour... »

Catégorie 63 kilos : Beauchemin-Pinard, 1re favorite

Le bonheur de se produire enfin chez soi vient avec une pression, notamment pour Catherine Beauchemin-Pinard. L’athlète originaire de Saint-Hubert, vice-championne mondiale junior en 2013, a été semée première favorite du tournoi chez les 63 kilos qui sera disputé demain.

Le Montréalais Arthur Margelidon aura aussi une cible au dos chez les 73 kilos. Étiqueté deuxième favori, il devra composer avec Antoine Bouchard, semé 4e, parmi les 21 inscrits dans leur catégorie.

L’icône Teddy Riner dit avoir développé une affinité avec les judokas québécois sur la scène internationale. Du lot, il dit du bien d’Antoine Valois-Fortier « que j’aime beaucoup ».

« Il a un bel état d’esprit. Il mérite un jour d’être champion du monde ou champion olympique », affirme le judoka le plus marquant de l’histoire.

En vertu de son 15e rang mondial, Valois-Fortier a été désigné troisième favori en prévision du concours des 81 kilos de samedi. Il pourrait affronter dès le troisième tour son rival Étienne Briand, semé 6e.

La remarque de Nadia Comaneci a fait rigoler les représentants des 50 pays venus assister au tirage au sort de jeudi soir. Coincée pour les besoins d’une photo entre les colosses Teddy Riner et Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada, elle a échappé une évidence : « J’imagine que vous savez qui était la gymnaste ! »

Le début d’une longue année

Avec la présence de 250 athlètes (136 hommes et 114 femmes) de 50 nations, le Grand Prix de Montréal lance la deuxième et dernière année du processus de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Troisième niveau offrant le plus de points après les championnats mondiaux et les sept tournois du Grand Chelem, le circuit des Grands Prix s’arrête dans neuf villes durant une année.

« Pour nous les athlètes, c’est un nouveau continent qu’on va découvrir », a dit de Montréal le monstre sacré du judo, Teddy Riner, qui agit depuis 2012 comme président de la Commission des athlètes à la Fédération internationale de judo.

« Montréal tombe bien dans le calendrier », a-t-il ajouté sur une note personnelle.

« C’est un moment important pour moi dans ma carrière. Ça me permettra de faire le point sur moi, de voir si ça va ou non, si les voyants sont au vert, orange ou rouge », a illustré celui qui visera un troisième titre olympique à Tokyo.