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Les journées de chaleur intense vont tripler, selon un expert

Un rapport fédéral sur les changements climatiques prévient qu’il faudra s’adapter

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 Les jours de canicule que vit actuellement le Québec risquent de tripler partout en province d’ici 20 ans, prévient un expert sur les changements climatiques. 

 « Montréal l’été dernier, ce sera comme ça tous les étés. Nous passerons d’une douzaine de jours de chaleur intense à une quarantaine », soutient Pierre Gosselin de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). 

 Il se fie à divers modèles de simulation climatique pour conclure à cette hausse. 

 M. Gosselin fait partie du comité d’experts formé par le Conseil des académies canadiennes (CAC), qui a publié un rapport sur les risques des changements climatiques, commandé par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. 

 D’ici 20 ans, il faut s’attendre à des épisodes de chaleur extrême plus fréquents et plus aigus, au dégel du pergélisol et à la hausse des précipitations extrêmes, conclut le document. 

 « Nous ne sommes pas prêts », croit M. Gosselin. Pas qu’il soit impossible de vivre pendant les canicules, mais il faudra s’adapter à des changements qui surviennent très vite, poursuit-il. 

 Et le temps presse, car c’est en plantant des arbres maintenant dans les villes, qu’ils auront assez poussé dans 20 ans pour contrôler les îlots de chaleur, donne-t-il en exemple. 

 Éviter les zones inondables 

 Le rapport propose de repenser les infrastructures, soit pour limiter l’impact de la chaleur, mais aussi contre les inondations en évitant les zones inondables. 

 Le document souligne que les pertes annuelles assurées à la suite d’événements météorologiques extrêmes au Canada sont passées d’une moyenne de 405 millions $ de 1983 à 2008, à 1,8 milliard $ de 2009 à 2017. 

 « On voit déjà les dégâts que font [les changements climatiques], les impacts qu’ils ont », dit-il. Et peu importe la réduction des gaz à effet de serre, rien n’arrêtera les changements déjà entamés, souffle-t-il. D’où l’importance de s’adapter. 

 Les six domaines de risques les plus importants sont les infrastructures physiques, les communautés côtières, les communautés nordiques, la santé et le bien-être humains, les écosystèmes et les pêcheries. 

 Impacts bien réels 

 Par exemple, de nombreuses populations d’oiseaux semblent être en déclin. La mortalité s’est aussi accrue chez certaines espèces de poissons, de crustacés et autres espèces marines, explique le rapport. 

 Les impacts sur la santé humaine sont aussi bien réels. Près de 90 personnes sont mortes l’an dernier au Québec pendant la canicule. 

 Le rapport note aussi que la maladie de Lyme s’étend rapidement sur un territoire de plus en plus vaste. Notons également que l’allongement de la saison de l’herbe à poux affecte aujourd’hui environ 12 % des Québécois allergiques à cette plante.