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« Ma satisfaction : le dernier regard sur la chambre redevenue impeccable »

« Ma satisfaction : le dernier regard sur la chambre redevenue impeccable »

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Article présenté par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme

 

Élevée à deux pas de l’auberge Le Baluchon, à Saint-Paulin (Mauricie), Odile Lemay a spontanément cogné à cette porte pour se trouver un emploi d’étudiante. Douze ans plus tard, elle fait toujours partie de son équipe dévouée au « confort des clients », tout en enseignant les arts plastiques et le théâtre à temps plein ! Deux emplois plus complémentaires qu’il n’y paraît...

Comment conciliez-vous vos deux emplois, celui d’enseignante et celui de préposée à l’entretien ménager ?

Le travail de préposée à l’entretien ménager a toujours été un complément idéal, d’abord à mes études, maintenant à mon emploi comme enseignante. À l’auberge, mon employeur est flexible ; il s’adapte à mes disponibilités. Les premières années où j’enseignais, j’avais seulement de petits contrats, alors je pouvais compléter avec des journées de travail à l’auberge.

Maintenant que j’enseigne à temps plein pendant l’année scolaire, je travaille surtout l’été, ce qui est parfait, puisque ça correspond à la saison haute en tourisme. Comme je n’ai pas encore de poste permanent, il est rassurant de savoir que je peux continuer de travailler à l’auberge si je n’ai pas de contrat l’an prochain.

On imagine souvent les gens qui œuvrent dans les domaines artistiques comme des créatifs désordonnés... N’est-ce pas aux antipodes du travail de préposée à l’entretien ménager ?

En un sens, oui ! Mon emploi en entretien ménager m’a d’ailleurs aidée à développer un sens de l’organisation et une efficacité qui sont essentiels dans mon travail d’enseignante : j’ai 270 élèves cette année, alors je ne peux pas me permettre d’être désordonnée !

Mon travail à l’auberge est aussi très physique. Il demande de l’endurance. C’est en ce sens un bon complément au travail plus sédentaire d’une enseignante.

Mais les deux domaines ont en commun une certaine recherche de beauté : l’un dans la création, l’autre dans l’ordre et la propreté. Tous deux exigent aussi de la minutie.

Quelle satisfaction tirez-vous de votre emploi comme préposée à l’entretien ménager ?

J’aime me donner des défis de vitesse et d’optimisation de mes déplacements. Quand j’y arrive, la sensation de m’être dépassée est vraiment satisfaisante ! Je tire aussi beaucoup de satisfaction du dernier regard que je jette sur la chambre avant mon départ, quand elle est redevenue impeccable grâce à mon travail.

Il y a en plus tout le côté social. Quand je retourne à l’auberge, j’ai hâte de retrouver mes collègues. Nous formons une grande famille qui œuvre au même but : offrir aux clients la meilleure expérience possible. À l’entretien ménager, notre patron nous appelle les préposés au « confort des clients ». C’est aussi ce qui est inscrit sur notre insigne, sous le prénom. Ça donne à notre travail ses lettres de noblesse !

Il n’y a pas vraiment de formation pour devenir préposée à l’entretien ménager... Est-ce difficile d’apprendre les trucs du métier ?

La première année, il y a une foule de petits détails à apprendre : comment nettoyer la chambre sans déranger les effets personnels des clients, comment réapprovisionner son chariot... Ça peut être stressant, au début. Mais il n’y a pas à s’en faire : on apprend rapidement ! Peu à peu, on développe ses trucs, sa routine... et on y prend goût !