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Un détour d’une heure en raison de deux ponts barrés

Des agriculteurs de la région de Bécancour doivent prendre leur mal en patience selon la Ville

routes en déroute
Photo collaboration spéciale, Caroline Lepage Le chemin des Épinettes, à Bécancour, est barré à cause de ce pont brisé.

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BÉCANCOUR | Des cultivateurs du Centre-du-Québec sont pris en otage à cause de ponts brisés qui bloquent des routes de campagne et les forcent à faire de longs détours allant jusqu’à une heure.

Des producteurs agricoles qui demeurent sur le boulevard du Parc-Industriel, à Bécancour, doivent faire un détour d’environ 25 km en tracteur pour se rendre à leurs terres qui sont disséminées dans le secteur. La raison ? Deux ponts en réparation bloquent leur passage sur certaines routes clés.

Comme ils circulent à 40 km/h avec leur lourde machinerie agricole, ils prennent plus d’une heure pour un aller-retour vers leurs champs, alors que le trajet sans entrave nécessite la moitié moins de temps.

À l’est du parc industriel, le pont du chemin des Bouvreuils est rétréci en raison des dispositifs de retenue et des poutres de rive endommagées. Les tracteurs à roues doubles, les faucheuses, les moissonneuses-batteuses et autres véhicules ayant plus de 3,5 mètres de largeur ne peuvent plus l’emprunter.

À l’ouest, le chemin des Épinettes est fermé à cause de la détérioration généralisée de la structure.

Les agriculteurs devront prendre leur mal en patience si on en croit la Ville.

« Les réparations dureront environ trois ans », dit Dany Sauvageau, surintendant au service technique de Bécancour.

« C’est d’une lenteur incroyable », s’insurge Claude Cressier, propriétaire de la Ferme Claula à Bécancour.

Guy Armand, un agriculteur qui emprunte cette route régulièrement, déplore que l’échange de la machinerie agricole entre voisins cultivateurs soit devenu très difficile à cause de cette situation.
Photo collaboration spéciale, Caroline Lepage
Guy Armand, un agriculteur qui emprunte cette route régulièrement, déplore que l’échange de la machinerie agricole entre voisins cultivateurs soit devenu très difficile à cause de cette situation.

Survie menacée

Un autre cultivateur de la région, Guy Armand, déplore que ces détours obligés nuisent à la rentabilité de plusieurs fermes, qui ont déjà dû composer avec un printemps froid et pluvieux, ce qui n’annonce rien de bon pour la saison en cours.

« J’ai un jeune voisin en démarrage qui n’a pas la main-d’œuvre pour compenser ce temps perdu. Ça compromet sa survie. On n’a pas de marge pour faire face à ces dépenses supplémentaires », plaide-t-il.

Celui-ci a acheté de la machinerie agricole avec ses voisins cultivateurs pour partager les coûts, mais les fermetures de routes compliquent l’échange des équipements.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) Centre-du-Québec a interpellé la Ville de Bécancour et le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour trouver des solutions.

Dépassements dangereux

Nancy Paquet, conseillère à l’UPA, s’inquiète d’une hausse d’achalandage de la machinerie agricole sur les routes. Comme les tracteurs avancent lentement, ils peuvent inciter les automobilistes à faire des dépassements dangereux.

« On peut prendre notre mal en patience, mais c’est autre chose si c’est échelonné sur plusieurs années », indique-t-elle.

« Le Ministère est conscient des impacts occasionnés par cette situation », mentionne pour sa part la porte-parole du MTQ, Mila Roy.

Elle informe qu’un projet de reconstruction est en préparation pour le pont du chemin des Épinettes, sans pouvoir préciser la durée des travaux.


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