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Des factures salées liées au manque de compétence

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Les inondations des dernières années qui sont survenues dans plusieurs régions du Québec et qui ont entraîné des factures astronomiques d’indemnisation auraient pu être moins désastreuses si les cartographies des zones inondables n’étaient pas déficientes, avance un expert.

Le gouvernement de François Legault a présenté, jeudi dernier, le projet de décret de la zone d’intervention spéciale (ZIS) qui précisera où la construction et la reconstruction seront interdites ou limitées. Le projet a suscité la colère dans plusieurs municipalités.

Or, si la cartographie avait toujours été gérée par le gouvernement, la situation ne serait peut-être pas aussi catastrophique aujourd’hui, observe François Brissette, ingénieur hydrologue.

« De manière générale, la cartographie des zones inondables est déficiente », a-t-il indiqué en juin, alors que le décret gouvernemental n’avait pas encore été présenté. L’expert explique que les zones inondables relèvent du gouvernement provincial, mais dans plusieurs situations, la responsabilité est transférée aux municipalités.

Or, selon M. Brissette, non seulement les municipalités n’ont pas les compétences pour y faire face, mais en plus, il y a aussi apparence flagrante de conflits d’intérêts puisqu’elles n’ont pas toujours avantage à avoir une cartographie « conservatrice » et « sécuritaire ».

« Un maire qui veut se faire élire, la meilleure façon est de ne pas augmenter les taxes. Mais pour ajouter des entrées fiscales, on développe le territoire et les terrains les plus intéressants sont ceux près de l’eau », expliquait M. Brissette.

Décret salué

M. Brissette a salué le courage politique du gouvernement de reprendre le contrôle entier de la cartographie et il n’est pas surpris de l’indignation des municipalités. « Je n’ai pas grand-chose à critiquer sur le décret », a commenté M. Brissette, vendredi. Il indique que le projet a toutefois été mené rapidement et qu’il est possible « qu’il y ait des erreurs ».

« Il aurait fallu instaurer un moratoire et tout arrêter, fait valoir l’expert. J’ose imaginer que le gouvernement sera à l’écoute s’il y a des modifications à faire. »