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Le problème n’est pas réglé

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Il ne faudrait pas croire que le Canadien vient de frapper la balle dans les gradins au champ droit.

Non.

Ben Chiarot est un géant : 6’3’’, c’est quand même un bon gabarit pour évoluer à la ligne bleue dans une ligue où la vallée des géants semble vouloir s’agrandir. Il pèse 220 livres, ça aide toujours. Il ne craint pas le jeu robuste et il est prêt à se sacrifier pour aider la cause de son équipe quand l’adversaire se fait trop menaçant.

Il a bloqué 139 tirs l’an dernier au bénéfice des Jets de Winnipeg. Il a aussi appliqué 171 mises en échec. Son temps d’utilisation a été de 18,37 minutes, mais attention, à Winnipeg, il occupait le cinquième rang sur la liste des défenseurs derrière Dustin Byfuglien, Josh Morrissey, Jacob Trouba et Tyler Myers.

Avec Weber ?

Par conséquent, doit-on penser qu’il occupera une position aussi stratégique que celle d’être le compagnon de jeu de Shea Weber ?

Ça, j’en suis moins certain.

Est-il supérieur alors à Jordie Benn ?

Oui. Plus solide physiquement, plus intense et un peu plus talentueux.

Mais pour accompagner Weber, un défenseur doit avoir les ressources pour affronter les meilleurs effectifs de l’adversaire.

Donc, a-t-on résolu le problème sur le flanc gauche de l’unité défensive ?

Oui et non. Chiarot remplacera Benn en offrant plus d’options à Claude Julien. Également, dans les standards d’aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il coûte une fortune. Donc, relativement au plafond salarial, Marc Bergevin ne se retrouve pas dans un étau. Il possède encore beaucoup de lattitude.

Certes, on a ajouté de la profondeur, on en convient. Mais encore faut-il que le top quatre à la ligne bleue soit nettement plus inquiétant pour la compétition. Est-ce Jake Gardiner pourrait être un candidat à surveiller ? Possiblement, mais attention, les équipes qui ont pressenti l’ex-joueur des Maple Leafs de Toronto n’ont pas osé aller plus loin que d’offrir une entente de deux ans.

Et c’est tout à fait logique, Gardiner étant un défenseur qui est à risque.

Trop d’échecs

Après l’échec de Sebastian Aho, un échec qui n’est pas de nature à améliorer le curriculum vitæ du directeur général du Canadien, l’arrivée de Chiarot n’aura pas un impact aussi débordant que celui qu’aurait provoqué la signature d’un joueur comme Aho. Bergevin a posé un geste qui s’imposait. On ne pourra jamais lui reprocher de ne pas tenter sa chance et de déranger ses homologues ancrés dans un système qui flirte avec la collusion.

Il essaie. Il cherche à s’imposer. Le problème, c’est qu’il fait chou blanc trop souvent. C’est inquiétant. Depuis sept ans, on a l’impression que le Canadien fait du sur-place. Il y a les jeunes qui frappent à la porte, mais sauront-ils répondre aux attentes ? Et dans combien de temps ?

Le Canadien est-il, présentement, une meilleure équipe que l’an dernier ? Peut-être. Mais a-t-il apporté les ajustements nécessaires pour rivaliser avec les formations de l’Association de l’Est qui ont multiplié les changements au niveau des effectifs depuis quelques semaines ?

Il est permis d’en douter.