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Offre hostile à Sebastian Aho: un coup d’épée dans l’eau

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Photo d'archives, AFP Marc Bergevin a eu l’air fou en soumettant une offre hostile aussi basse à Sebastian Aho, le 1er juillet dernier.

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Marc Bergevin a frappé dans le beurre, littéralement. L’offre hostile présentée à Sebastian Aho n’avait d’hostile que le nom. Maintenant, le directeur général du Canadien se retrouve les mains liées et avec une équipe qui ne s’est toujours pas améliorée par rapport à l’an dernier.

Bergevin a très mal paru dans le dossier Aho. Son offre, nettement trop basse pour inquiéter les Hurricanes, l’a fait mal paraître aux quatre coins de la LNH. En plus, en disant qu’il avait entrevu une situation vulnérable chez ses rivaux de Raleigh, il ne s’est pas fait d’amis.

Si le Canadien avait vraiment voulu ébranler les Canes, il fallait y aller avec une offre maximale, dans les huit chiffres, plutôt que de se contenter d’un 8,454 M$, pour ainsi n’avoir qu’à payer un choix de premier, deuxième et troisième tour advenant le cas où les Hurricanes décideraient de ne pas égaler l’offre.

PROCESSUS RETARDÉ

Tout ce que ç’a donné, au final, c’est que Marc Bergevin a les mains liées jusqu’à lundi, tant et aussi longtemps que les Hurricanes n’auront pas officialisé sur papier qu’ils égalisent l’offre à Aho.

Pendant ce temps, la majorité des agents libres de renom ont trouvé preneur et le directeur général du CH devra donc se faire imaginatif s’il désire réellement améliorer son équipe dans l’immédiat.

J’ose espérer pour les partisans du Canadien que la seule prise de l’équipe sur le marché des joueurs autonomes ne sera pas Chiarot. J’aime encore penser que l’arrière offensif Jake Gardiner est encore dans les plans de l’équipe. C’est bien beau Chiarot, un joueur à qui on a déjà confié la gauche de la seconde paire avec Jeff Petry, mais Shea Weber n’a toujours pas de partenaire de jeu établi et régulier.

Oui, Gardiner est risqué, il prend des chances. Par contre, il excelle en attaque et en avantage numérique, et ça s’adonne que le Canadien a été misérable avec l’avantage d’un homme la saison dernière.

LE PLAN ?

Je le répète, il y a trop d’improvisation dans la gestion du Canadien. On a l’impression que Marc Bergevin n’avait pas prévu un plan B dans l’éventualité où Aho demeurerait avec les Hurricanes.

Quand on regarde l’alignement du Canadien à l’heure actuelle, il est presque identique en tous points à celui qui a raté les séries la saison dernière.

Et ne me dites pas que la signature du défenseur défensif Ben Chiarot améliore l’équipe, de grâce ! Était-ce d’ailleurs vraiment nécessaire d’aller chercher un défenseur qui pratique un style similaire à celui de Jordie Benn pour 3,5 M$ par saison ? Le Canadien regorge d’arrières à caractère défensif.

Si rien ne change, il faudra que l’équipe espère l’éclosion de l’un de ses jeunes joueurs prometteurs, comme Nick Suzuki, Ryan Poehling ou peut-être même Cole Caufield, advenant le cas peu probable où il signerait un contrat avec l’équipe dès cette année.

Sinon, il faudra un coup de circuit.

Et pourquoi pas l’acquisition d’un attaquant québécois ? Un Anthony Mantha, Jonathan Huberdeau ou Jonathan Marchessault ? Est-ce que je rêve en couleur ?

Là, on commencerait à parler.

D’ici là, je souhaite à tous les lecteurs du Journal un superbe été. Il s’agissait de ma dernière chronique pour cette saison et on se reparle en septembre lors de l’ouverture du camp d’entrainement du CH. En espérant que, d’ici là, on aura une meilleure idée du plan de Marc Bergevin. Bon été à tous !

– Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie

Les jeunes Québécois

J’ai beaucoup aimé entendre et lire dans les derniers jours les commentaires des recruteurs Patrick Lachance des Flames de Calgary et Luc Gauthier des Penguins de Pittsburgh à propos de leurs sélections de premier tour, les Québécois Jakob Pelletier et Samuel Poulin. C’est drôle, parce qu’à Montréal, on n’entend jamais Donald Audette ou Serge Boisvert dans les médias. Ils n’ont pas le droit de parler, en fait. Chaque année, on nous sort la même rengaine que les meilleurs espoirs québécois étaient sur la liste du CH, mais qu’ils sont partis avant que le Tricolore n’ait eu la chance de les réclamer. A-t-on peur d’en repêcher depuis l’échec Louis Leblanc ? Si c’est le cas, j’aurais envie de dire au Canadien : repêchez-en trois par année ! Il faut faire confiance au talent d’ici. Chapeau aux Flames et aux Penguins de l’avoir fait.

L’Est sera coriace

Les Rangers de New York ont lancé un très gros message en mettant sous contrat l’excellent ailier russe Artemi Panarin le 1er juillet. Le nouveau président de l’équipe, John Davidson, n’est pas dans la Grosse Pomme pour y faire du tourisme. Les Rangers seront à prendre au sérieux, également avec la sélection de Kaapo Kakko au dernier repêchage. Et ils ne seront pas les seuls dans l’Est puisque plusieurs autres formations se sont améliorées, dont les Devils du New Jersey, qui ont ajouté la future vedette Jack Hughes ainsi que PK Subban et Wayne Simmonds. Les Leafs, eux, ont décidé de bouger pour faire l’acquisition de Tyson Barrie de l’Avalanche. Pendant ce temps, à Montréal, on a peur de payer et on se contente de joueurs « gratis » sur le marché des joueurs autonomes...

Poile, une référence

En parlant de directeurs généraux qui n’ont pas peur de prendre des risques, je ne peux passer sous silence le travail incroyable que fait celui des Predators de Nashville, David Poile. Le vétéran DG n’hésite pas, année après année, à réaliser de gros coups pour améliorer son équipe. Cette année, après avoir libéré le salaire de PK Subban, il a mis la main sur le joueur de centre le plus convoité sur le marché des agents libres en Matt Duchene. Poile a le devoir de donner des équipes compétitives dans un marché comme Nashville qui, même s’il s’est grandement amélioré, n’est pas un marché traditionnel comme Montréal. Il ne peut pas, lui, acheter du temps.