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Grand Prix de judo de Montréal: la chaleur n’a pas suffi

Antoine Valois-Fortier s’incline en finale devant le Japonais Takanori Nagase

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Photo Agence QMI, Mario Beauregard À son seul Grand Prix en carrière au Québec, Antoine Valois-Fortier a obtenu la médaille d’argent en s’inclinant en finale devant celui qui l’avait écarté aux Jeux olympiques de Rio, le Japonais Takanori Nagase.

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MONTRÉAL | Il a l’habitude de combattre dans l’anonymat sur tous les autres continents, alors même sa médaille d’argent n’a pas brimé tout le plaisir d’Antoine Valois-Fortier au Grand Prix de judo de Montréal, samedi soir.

À 2 min 49 s de son combat ultime en finale des moins de 81 kilos, le Japonais Takanori Nagase, le même qui avait écarté le Québécois aux Jeux olympiques de Rio pour filer éventuellement vers la médaille de bronze, l’a emporté par ippon pour demeurer invaincu en carrière en quatre affrontements entre les deux hommes.

« C’est sûr que j’aurais vraiment aimé gagner une médaille d’or à mon premier Grand Prix ici, devant toute ma gang, ma famille et mes amis. Mais en même temps, j’étais content d’affronter en finale un gars du niveau de Nagase, un Japonais vraiment élite. Je n’ai pas gagné, mais je garde une belle mémoire de ma journée d’aujourd’hui. Mais le conte de fées aurait été parfait si j’avais pu gagner l’or », a émis le natif de Beauport, qui confirme avoir retrouvé sa place dans l’élite mondiale, cinq mois après un retour à l’action et une opération majeure au dos, il y a un an.

Chaude soirée

Sous une autre forme que ce que subit le Québec depuis les derniers jours, la canicule s’était aussi invitée à l’intérieur de l’aréna Maurice-

Richard pour le programme de la soirée. Particulièrement dans le match impliquant Valois-Fortier, une chaleur humaine générée par les quelque 1000 spectateurs a alimenté le natif de Beauport contre sa bête noire, qui a déjà été sacré champion du monde en 2015.

Dès que le coup fatal du Japonais a été porté, le cri de résignation échappé par le chouchou du public a cependant donné un coup de froid à l’atmosphère. Avant même la cérémonie des médailles, le vieil amphithéâtre au nom du Rocket s’est vidé. Vite, allons profiter de ce qui reste de la chaude soirée !

« Dès qu’il a lancé l’attaque, en plein milieu des airs, je me doutais que mon combat était terminé. Mon petit sourire en coin voulait dire : tu m’as eu, tu m’as bien pincé, c’est un bon travail », a salué le gentilhomme.

« Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé la faille dans son armure. C’est un gars qui n’a pas beaucoup de défaites en carrière. Il est champion du monde, médaillé de bronze aux Jeux olympiques, ce n’est quand même pas un deux de pique. »

Occasion unique

Rarement – sinon jamais –, l’athlète de 29 ans bénéficie d’un appui aussi bien senti durant un combat. Ce voltage purement québécois l’a notamment servi durant sa demi-finale contre le Russe Aslan Lappinagov, 11e au classement mondial. « Antoine, Antoine », a scandé l’assistance à plusieurs occasions. Ce courant lui a permis de conserver le même régime durant le combat jusqu’à ce que son opposant, réprimandé par l’arbitre pour non-combativité, ait obtenu sa troisième pénalité signifiant la fin du match.

« J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir aujourd’hui. La réaction de la foule, l’ambiance, ça m’a surpris, pour être honnête. Je savais qu’on allait avoir plus de support qu’à l’habitude, évidemment, mais j’ai trouvé qu’il y avait une super ambiance. On compétitionne partout dans le monde et ce n’est pas comme ça à chaque fois. Et en plus, c’était de notre bord ! »

Deux Québécois en bronze : au diable l’hospitalité !

L’hospitalité peut parfois prendre le bord. À leur seule occasion de disputer un Grand Prix au Québec durant leur carrière, Catherine Beauchemin-Pinard et Antoine Bouchard ont tous deux imposé la technique de l’abandon à leur adversaire, samedi soir, pour s’offrir chacun une médaille de bronze.

Dans le cas de Bouchard, cette breloque comporte une valeur plus relevée. À 12 jours de son tournoi de Montréal, l’athlète originaire de Jonquière a subi une autre luxation de son épaule droite qu’il devra soumettre à une chirurgie, le 17 juillet, et qui lui imposera une rééducation de six mois. La possibilité de faire l’impasse sur la compétition a même été évoquée, au point qu’il n’avait pas encore disputé un combat à l’entraînement depuis cette dernière tuile.

« Ce n’était plus une incertitude, c’était rendu presque une obligation », a exprimé l’athlète de 24 ans au sujet de ce troisième podium en 16 Grands Prix en carrière.

« C’était vraiment important d’aller chercher le plus de points possible avant mon opération justement pour m’éviter, lorsque je vais revenir, d’avoir trop de pression pour accumuler des points », a expliqué Bouchard, qui améliorera son 23e rang actuel mondial chez les moins de 73 kilos dans le processus de qualification olympique.

« CBP » a livré

La technique d’étranglement qui a permis à Bouchard de maîtriser le Brésilien Eduardo Barbosa en finale pour la médaille de bronze, Catherine Beauchemin-Pinard en a réussi une presque similaire dans son match décisif contre l’Australienne Katharina Haecker.

Aidée par la foule, la native de Saint-Hubert a sauvé son parcours, elle qui était semée favorite du tableau chez les moins de 63 kilos.

« Avec la foule qui encourage, c’est autre chose. Je suis contente d’avoir performé sous pression, si on veut, parce qu’on est à la maison et tout le monde s’attendait à ce que je performe. Je suis fière et ça fait une belle préparation pour mes prochains tournois et les championnats du monde », a admis la judoka de 25 ans, qui obtient une septième médaille à son 20e Grand Prix.

Arthur Margelidon, défait dans l’autre finale de médaille de bronze chez les 73 kilos, a repris le même discours. Ce Grand Prix à Montréal pourrait valoir des bénéfices pour les athlètes québécois suite aux émotions vécues samedi.

« J’ai peut-être été un peu plus émotif qu’à l’habitude parce que j’étais à la maison. Mais c’est une bonne chose d’avoir ces émotions-là parce que ça représente ce qui va se produire aux championnats du monde et aux Jeux olympiques. »