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Le 4 juillet de Donald Trump

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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Aux États-Unis, le 4 juillet est une fête bon enfant. Des défilés sans prétention sont organisés dans les petites villes où habite la majeure partie de la population. Des fanfares, des camions de pompiers, des organisations de bienfaisance et quelques véhicules de l’armée passent devant des gens qui sont rassemblés le long des rues.

Souvent, on jette des bonbons aux enfants qui se précipitent pour en faire provision. Le soir, on déclenche des feux d’artifice. Le 4 juillet commémore la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Un acte éminemment politique qui se célèbre par une fête très peu politique. Donald Trump a tenté de changer tout cela. Il a tenté de redonner à la fête une dimension politique forte. Une dimension nationaliste.

1. Comment Trump flatte-t-il le nationalisme américain ?

En fait, Trump cherche toujours à faire monter le nationalisme américain. Son slogan, « Rendons l’Amérique forte à nouveau », est nationaliste. Dans le discours qu’il a prononcé le 4 juillet, il a exalté les réalisations et les découvertes des États-Unis. Il a été jusqu’à prétendre que « pour les Américains, rien n’est impossible ». Les commentateurs américains ont souligné que son discours était un discours « patriotique ». Mais il s’agissait de bien plus. Son discours était nationaliste. Nationaliste dans le mauvais sens du terme.

2. Qu’est-ce que le patriotisme ?

Le patriotisme et le nationalisme sont des termes complètement différents, même si au Québec nous avons souvent tendance à utiliser l’un pour l’autre. Le patriotisme est l’amour de sa patrie et la défense de son territoire.

3. Qu’est-ce que le nationalisme ?

Le nationalisme est plus difficile à définir. Il recouvre aussi bien des projets politiques extrêmes, comme celui de l’Allemagne nazie, que ceux, modérés, des mouvements d’indépendance d’anciennes colonies.

En général, le nationalisme place le projet de nation au-dessus de toutes les autres appartenances, qu’elles soient culturelles, religieuses ou encore ethniques. Le nationalisme comprend souvent une forte composante patriotique. Somme toute, le nationalisme est commun et acceptable lorsqu’il se rapproche du patriotisme. Mais il peut devenir dangereux quand il prône le mépris et le contournement des institutions politiques au nom d’une idée exaltée de la nation.

4. Trump est-il patriote ou nationaliste ?

Il est à la fois l’un et l’autre. Mais son nationalisme occupe de plus en plus de place. Ce nationalisme tend à devenir de plus en plus exclusif. Par exemple, Trump fait l’éloge du nationalisme économique, avec les guerres commerciales qu’il lance contre la Chine, l’Europe, l’Inde et le Japon. Mais il soutient aussi des positions qui font plaisir aux Américains nationalistes raciaux blancs. Par exemple, son refus d’instaurer une couverture d’assurance maladie universelle est en particulier soutenu par des Américains de race blanche qui ne veulent pas que leur argent serve à soigner des gens dont la couleur de peau est différente de la leur. Cette abjecte et révoltante logique est documentée.

5. Pourquoi Trump divise-t-il autant ?

Les cérémonies du 4 juillet voulues par Trump ont polarisé encore davantage les Américains. De plus en plus, Trump et les dirigeants républicains sont perçus comme les défenseurs du nationalisme blanc américain. Inversement, les démocrates sont perçus comme les protecteurs de la diversité américaine, donc comme des antinationalistes et, par amalgame, comme des antipatriotes. Ces perceptions sont fausses et simplistes. Mais parce qu’elles appellent à l’émotion plutôt qu’à la raison, elles sont très difficiles à défaire. Elles aideront Trump à se faire réélire.