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Timide départ pour Anglade

Dominique Anglade
Photo Amélie St-Yves Dominique Anglade

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L’ex-ministre Dominique Anglade a lancé la course à la direction du PLQ et, passage obligé, se tapera une tournée des BBQ et des 5 à 7 cet été. Mais son départ s’est fait sans coup d’éclat...

L’élue libérale de Saint-Henri–Sainte-Anne a réussi à rallier six députés qui l’appuient, pour l’annonce de sa tournée la semaine dernière, en Mauricie. Dans son clan, on admettait qu’un lancement en région était incontournable « pour que l’image parle d’elle-même », qu’elle démontre « une sensibilité pour les régions ».

Mais le lancement n’avait rien d’un feu d’artifice. D’abord, Mme Anglade a été reléguée au second plan par le gouvernement caquiste, qui a choisi d’annoncer au même moment qu’un tunnel est retenu pour constituer un troisième lien entre Québec et Lévis.

Muette sur la laïcité

Puis, quelque chose laisse songeur. Mme Anglade est censée défendre l’interdiction du port des signes religieux pour les personnes en position de coercition, à la Bouchard-Taylor, à l’intérieur du caucus libéral.

Or, elle a refusé de donner publiquement sa position sur cette question parce que « la suite des choses appartiendra aux militants du PLQ ».

L’aspirante à la succession de Philippe Couillard n’a pas voulu dire non plus si elle maintiendra la loi sur la laïcité si elle devient première ministre. Au lieu d’assumer un leadership sur cette question fondamentale, elle laisse aux membres du parti le soin de trancher.

Dans ses rangs, certains confient pourtant qu’il est « temps de faire un bout sur la laïcité et de se brancher là-dessus ».

Ça peut rapidement devenir un problème, puisque parmi ses appuis les plus significatifs provenant de la députation, l’ex-ministre des Finances Carlos Leitao ne veut rien savoir d’une quelconque interdiction du port des signes religieux.

En entrevue avec notre Bureau parlementaire, Mme Anglade a soutenu qu’elle n’a « jamais eu de conversation à ce sujet-là » avec lui. Vraiment ? C’est très difficile à croire !

Selon une autre source libérale, elle s’est rendu compte qu’elle avait commis une erreur. « Avant de charmer les Québécois, elle doit charmer les militants », et mettre cette question au rancart.

Appuis en image

La candidate bénéficiera visiblement de différents conseillers en relations publiques pour polir son profil durant la campagne.

Patrice Ryan, qui a fondé Ryan affaires publiques, se mêle de l’organisation. Un associé de Hatley, Alexandre Meterissian, s’activait et organisait une assemblée de cuisine déjà en avril dernier. Mais les sceptiques sont nombreux dans la famille libérale. C’est pourquoi certains membres de l’establishment essaient de convaincre d’autres poulains de se lancer dans la course, sans succès jusqu’ici.

Nationaliste ?

Les principales critiques à l’endroit de Mme Anglade, dont on reconnaît néanmoins le talent, craignent qu’elle ne puisse justement pas incarner le nationalisme. « Les gens le savent que ça ne lèvera pas en région », lance un routier, qui avance une comparaison avec Philippe Couillard. « Même s’il était froid, il avait une certaine aura, mais on ne le sent pas chez elle. »

Et il y a ses racines à la CAQ, dont elle a été présidente, qui en chatouillent d’autres.

D’ailleurs, dans les rangs caquistes, sa conversion libérale avait laissé un goût amer. « Elle disait tellement qu’elle détestait Philippe Couillard et Gaétan Barrette », se rappelait une source qui l’a côtoyée à cette époque, et qui ne pouvait s’expliquer sa volte-face.

Pour l’instant, seule la nouvelle venue, Marwah Rizqy, devrait être sur les rangs pour l’affronter. La jeune élue s’est fait peu d’amis dans le caucus, mais a déjà démontré qu’elle serait redoutable en débat. La députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, s’est donné l’été pour réfléchir.

Dominique Anglade accumulera les kilomètres au compteur entre-temps. Elle était en Estrie jeudi, puis se rendra en Abitibi la semaine prochaine, avant de revenir à Québec et Lévis. La candidate prévoit ensuite des arrêts à Lanaudière et au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Son équipe entend déployer une campagne numérique qu’on dit d’une ampleur jamais vue, notamment via les réseaux sociaux. Signe des temps, elle prévoit rejoindre les militants même par textos...