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Comiccon de Montréal: une représentation queer qui se fait attendre

Comiccon de Montréal: une représentation queer qui se fait attendre
Photo Agence QMI, Joel Lemay

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MONTRÉAL - Bien que certains personnages queers apparaissent dans le monde de la bande dessinée, cette représentation tarde à se concrétiser réellement à travers les films et les séries télé à grands budgets.

Immense rassemblement d’adeptes des univers de superhéros, le Comiccon de Montréal organisait dimanche après-midi une conférence sur la place des personnages queers dans l’univers du jeu vidéo et de la bande dessinée. Si l’on y découvre l’existence d’une multitude de personnages issus de la communauté LGBTQ, souvent ouvertement assumés comme tels, il semble que leur adaptation au cinéma pose souvent problème.

«Les droits d’auteur des personnages et des histoires de DC et Marvel n’appartiennent pas aux auteurs ni aux artistes eux-mêmes. Ils appartiennent simplement à DC et à Marvel», indique d’emblée la panéliste de l’événement Sophie Delmas, qui donne des conférences sur les personnages queers dans la bande dessinée depuis quelques années.

En conséquence, si ces deux immenses boîtes de production décident de ne pas inclure de personnages queers à travers leurs adaptations au cinéma, ou alors de changer la nature même d’un personnage, elles en ont tout à fait le droit.

La dernière adaptation cinématographique du personnage de Venom, de l’univers de Spider-Man, en représente un exemple éloquent.

«Costa [l’auteur de la bande dessinée] avait réuni originalement Eddie Brock et Venom. Ils se disaient ouvertement qu’ils s’aimaient, ils s’étaient rencontrés dans une église, ils avaient un enfant et formaient une famille, explique Sophie Delmas. Et malgré tout, le nouvel auteur est arrivé et a simplement indiqué qu’ils n’étaient définitivement pas un couple et que les gens qui le pensaient se trompaient profondément.»

Également, pour l’adaptation du film Les Gardiens de la Galaxie, les producteurs ont simplement fait le choix de ne pas inclure les deux personnages queers qui se trouvaient à la base dans l’univers de la bande dessinée. «Largement, ils ont pris tout le monde excepté les personnages queers», poursuit la conférencière.

Une représentation qui s’améliore

«Il y a eu plus de 100 films et séries Marvel depuis l’année 2000, et seulement deux d’entre eux présentent un personnage queer, Runaways et Deadpool 2, et ils sont tous les deux sortis l’année dernière, poursuit la panéliste. C’est la première fois que je peux dire sur un panel qu’il y en a, mais il devrait y en avoir plus.»

L’arrivée des nouvelles plateformes de diffusion comme Netflix permet notamment de tester davantage de scénarios et de personnages, de quoi donner espoir que la représentation queer tendra à prendre de plus en plus de place dans l’univers de la bande dessinée.