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Il craint une autre tragédie

Un résident de Québec déplore un nouvel accident là où il a frôlé la mort en 2011

Un autre accident impliquant deux véhicules s’est produit à cet endroit vendredi dernier.
Photo Agence QMI, Guy Martel Un autre accident impliquant deux véhicules s’est produit à cet endroit vendredi dernier.

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Un résident de Québec craint une tragédie si rien ne change sur le pont d’étagement du boulevard des Chutes qui surplombe l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans l’arrondissement de Beauport, après un autre violent accident la semaine dernière au même endroit où il a failli laisser sa vie il y a huit ans.

Vendredi, une camionnette a fait des tonneaux sur le boulevard des Chutes après avoir été percutée par une voiture qui arrivait perpendiculairement. Tout indique que cet automobiliste n’aurait pas fait son arrêt obligatoire en sortant de l’autoroute.

Heureusement, personne n’a été blessé sérieusement, selon les policiers.

Alexandre Lajoie a sursauté en apprenant la nouvelle. Il connaît bien cette intersection pour y avoir vécu lui aussi un grave accident, une nuit de juin 2011. Ce soir-là, il avait immobilisé son véhicule devant le même panneau d’arrêt, mais il avait mal évalué la vitesse d’un autre conducteur qui arrivait en trombe sur le boulevard des Chutes.

«J’ai fait mon stop. J’ai regardé à gauche, à droite. Quand je suis parti, une auto arrivait vraiment trop vite», se souvient l'homme de 27 ans. Un enquêteur lui aurait dit qu’il avait probablement été happé à une vitesse supérieure à 100 km/h.

Sécurité

Après l’impact, sa voiture a tournoyé pour finir contre un lampadaire. «J’ai été cloué sur mon divan une bonne année à ne plus bouger», explique celui qui a subi un traumatisme crânien, une fracture de la hanche, et qui a eu plusieurs vertèbres déplacées. Encore aujourd’hui, il souffre quotidiennement de maux de tête, de hanche, et de troubles de la mémoire.

Alexandre Lajoie et son demi-frère Mikael Asselin réclament des mesures pour la sécurité des automobilistes et des piétons sur l’échangeur du boulevard des Chutes au-dessus de l’autoroute Dufferin-Montmorency. En juin 2011, M. Lajoie avait été gravement blessé dans une collision. On voit ici sa voiture endommagée.
Photo d'archives
Alexandre Lajoie et son demi-frère Mikael Asselin réclament des mesures pour la sécurité des automobilistes et des piétons sur l’échangeur du boulevard des Chutes au-dessus de l’autoroute Dufferin-Montmorency. En juin 2011, M. Lajoie avait été gravement blessé dans une collision. On voit ici sa voiture endommagée.

Alors qu’un drame semble avoir été évité vendredi, Alexandre Lajoie se questionne sur la sécurité à cet endroit.

L’échangeur connecte l’autoroute Dufferin-Montmorency avec les boulevards des Chutes et Sainte-Anne. Les automobilistes arrivent de plusieurs directions, certains ont des arrêts à faire, d’autres pas, et les indications sont nombreuses.

La confusion peut facilement s’installer et les conducteurs ont souvent le pied très pesant, déplore M. Lajoie. « C’est le free-for-all », lance-t-il.

«Dangereux»

«Je pense qu’avec deux accidents semblables, on a des preuves que c’est dangereux», estime aussi le demi-frère de M. Lajoie, Mikael Asselin, lequel est resté marqué par les événements. Il redoute que si rien ne change, «quelqu’un va mourir un jour», ce qui préoccupe aussi M. Lajoie.

De plus, les demi-frères sont d’avis que plusieurs piétons et cyclistes se mettent en danger en traversant la chaussée pour se rendre près du fleuve, même si l’intersection leur est interdite (voir autre texte).

Ils suggèrent d’installer un panneau d’arrêt dans toutes les directions ou, à tout le moins, de prendre des mesures pour faire ralentir les conducteurs.

Alexandre Lajoie est convaincu que cela aurait prévenu son accident et celui de vendredi dernier, car bien que leurs causes diffèrent, dans les deux cas l’un des deux véhicules impliqués n’avait aucun arrêt obligatoire à faire.

Au ministère des Transports, personne n’était disponible pour commenter ce reportage, ce week-end.

Aucun accès sécuritaire pour les piétons

Même si c’est proscrit, plusieurs marcheurs, cyclistes et pêcheurs traversent quotidiennement des entrées et des sorties de l’autoroute Dufferin-Montmorency puisque c’est la seule façon de se rendre sur une bande de terre au bord du fleuve Saint-Laurent, au bout du boulevard des Chutes, à Beauport.

Le terrain, que les résidents du coin appellent «la pointe», offre l’une des plus belles vues sur le centre-ville de Québec, Lévis et l’île d’Orléans. Un belvédère et un escalier collés sur une bretelle de l’autoroute sont d’ailleurs aménagés pour permettre de descendre sur cette plage gazonnée.

Plusieurs piétons font fi des interdictions pour traverser à leurs risques et périls le pont, le seul accès à un parc près du fleuve.
Photo Agence QMI, Pascal Huot
Plusieurs piétons font fi des interdictions pour traverser à leurs risques et périls le pont, le seul accès à un parc près du fleuve.

«Pas logique»

Pourtant, des panneaux interdisent clairement aux piétons et aux cyclistes de se trouver sur ce lieu. Bien des gens défient l’interdiction pour profiter du magnifique point de vue, depuis des années, mais pour s’y rendre ils n’ont d’autre choix que de traverser la chaussée en empruntant l’accotement.

Il n’y a aucun trottoir, feu pour piéton ou espace de stationnement. Les automobilistes qui sortent de l’autoroute, en provenance de Québec, n’ont pas d’arrêt obligatoire à faire devant l’entrée du site.

Étrangement, la glissière de sécurité d’une bretelle d’autoroute est aussi sectionnée, comme pour faciliter l’accès au parc.

«Ce n’est pas logique», estime Claudia Savard-Bernier, 28 ans, qui connaît l’endroit depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne. La Beauportoise reconnaît se sentir vulnérable lorsqu’elle traverse l’intersection. «Je ne présume pas que les automobilistes vont faire attention. Je ne prends aucun risque», dit-elle.

Propriété de qui?

Curieusement, personne ne semble vouloir revendiquer la propriété du parc. Une porte-parole de la Ville de Québec, Wendy Whittom, a confirmé que la municipalité est responsable de l’entretien de son escalier, mais elle ne pouvait préciser à qui appartient le terrain comme tel.

Certains usagers avancent qu’il serait la propriété du port de Québec, mais dans un échange de courriels, l’une de ses porte-parole, Julie Turmel, a expliqué ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer cette information pendant la fin de semaine.

L’endroit pourrait facilement s’intégrer à la phase IV de la promenade Samuel-De Champlain. Ce projet est toutefois sur la glace pendant la réalisation du troisième lien dans l’est de la ville, rapportait Le Journal récemment.