/24m/job-training
Navigation

Comment dompter votre propre perfectionnisme

Portrait of beautiful smiling young brunette businesswoman sitting at bright modern work station and typing on laptop
dianagrytsku - stock.adobe.com

Coup d'oeil sur cet article

Marie-France Bujold - 37e AVENUE

 

Le perfectionnisme est un trait de personnalité qui pousse à la performance, mais qui peut aussi créer de l’anxiété et nuire à la productivité. Voici quelques stratégies pour limiter son emprise sur vous.

Identifier ses besoins et confronter ses perceptions

Selon François Bilodeau, psychologue spécialisé dans les troubles anxieux et de l’humeur, il faut d’abord identifier les besoins qui vous poussent à être perfectionniste. Ensuite, il faut se demander quelles sont les conséquences que cela peut avoir sur votre fonctionnement et sur vos relations interpersonnelles. «Il faut s’interroger sur les désavantages d’être perfectionniste, car cela peut avoir des conséquences graves.»

«Les gens perfectionnistes deviennent très exigeants envers eux-mêmes, mais également envers les autres, explique M. Bilodeau. Ils ont souvent l’impression qu’ils vont être aimés seulement s’ils sont parfaits. Paradoxalement, ils ont aussi généralement de la difficulté à entretenir des relations avec leurs collègues, car ceux-ci ressentent leur besoin de contrôler et leur difficulté à déléguer. Et cela crée souvent des relations tendues, difficiles.»

Selon le psychologue, il faut que le perfectionniste se rende compte que sa recherche constante de perfection peut entraîner des conséquences. Il doit aussi comprendre que ce n’est pas la perfection qui fait que les gens s’attachent à lui, mais bien l’ensemble de sa personnalité, y compris ses imperfections.

Abaisser ses exigences

Par la suite, il faut apprendre à lâcher prise. «Il faut comprendre que toutes les situations n’exigent pas la perfection et qu’on n’a pas besoin de déployer tant d’énergie dans tous les domaines, tout le temps, explique François Bilodeau. Il y a un large éventail entre ce qui est raté et ce qui est parfait. Il faut trouver un juste milieu.»

Pour apprendre à abaisser ses standards, le psychologue propose de changer un comportement à la fois en utilisant des stratégies d’exposition. «Par exemple, on peut faire une tâche en abaissant un peu la qualité du résultat. L’idée n’est pas de bâcler le travail, mais de réussir la tâche à 90% plutôt qu’à 100%, et constater que ce n’est pas grave, qu’on reste tout de même une bonne personne. Il faut apprendre à tolérer l’inconfort que cela peut générer.»

Mettre en place des stratégies d’exposition

De nombreuses stratégies peuvent être utilisées. Le psychologue propose par exemple de faire volontairement une erreur simple. «On peut préparer une recette en omettant un ingrédient. On peut aussi faire le ménage en tournant les coins un peu ronds. Dans les deux cas, il faut arriver à vivre l’inconfort sans tenter de contrôler l’inconfort.»

Il suggère aussi de confronter son besoin de contrôler en déléguant une tâche. «On laisse quelqu’un d’autre faire une tâche à notre place, mais sans tenter de le contrôler. L’idée est d’améliorer sa tolérance à l’imperfection.»

Bref, selon François Bilodeau, «les stratégies d’exposition permettent de constater que même si quelque chose n’a pas été fait à la perfection, il ne s’est rien passé ou il n’y a pas eu de conséquences graves». L’objectif est de pouvoir vivre pleinement sa vie en lâchant prise sur ce qui n’est pas nécessaire afin de ne pas souffrir de son propre perfectionnisme.