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Lourde perte pour la radio parlée

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Que feraient Paul Arcand, Patrick Masbourian, Dominic Maurais et les autres animateurs de la radio du matin sans les journaux ? Que feraient Bernard Drainville ou Nathalie Normandeau, le midi ?

Même s’ils sont de bons communicateurs, ces animateurs n’en sont pas moins tributaires des journaux quotidiens. Plus particulièrement de notre journal dont les enquêtes périodiques alimentent leurs émissions parfois durant des jours.

À l’exception des stations de Radio-Canada qui peuvent compter sur des équipes trois à quatre fois plus nombreuses, les radios privées ont depuis longtemps réduit à presque rien le nombre de leurs journalistes et recherchistes. Les animateurs et les quelques personnes qui leur servent de têtes chercheuses doivent donc s’en remettre presque entièrement aux journaux pour les sujets dont ils traitent.

En lisant le journal très tôt le matin, on peut déjà savoir ce dont discuteront Paul Arcand et les autres animateurs durant la journée. Plus souvent qu’autrement, Paul Arcand a la délicatesse de donner le crédit qui revient aux journaux.

LA « DISCRÉTION » DE RADIO-CANADA

Si les animateurs de Radio-Canada donnent toujours crédit à La Presse ou au Devoir, ils se font plus discrets lorsqu’il s’agit de notre journal. La semaine dernière, à Bien entendu, son émission d’été à Ici Première, Stéphan Bureau a souligné non sans humour qu’on n’entendait pas souvent le nom du Journal de Montréal à Radio-Canada !

Google, le géant du Web, touche d’énormes revenus publicitaires à partir du contenu des journaux. Bien que leur contenu constitue le pain et le beurre de la radio parlée, on ne le reproduit pas tel quel, ce que Google fait systématiquement sans payer de droits. La radio parlée n’a pas à en payer même si le contenu des journaux constitue la matière première de ses émissions les plus populaires.  

La radio parlée a de ce fait une lourde dette à l’égard des journaux sans lesquels elle ne saurait exister. Ses propriétaires devraient donc être concernés tout autant que les éditeurs eux-mêmes par la survie de la presse écrite que menace Google.

UNE SÉRIE PAS COMME LES AUTRES

Avec sa moyenne de 1 008 000 spectateurs, la série documentaire Un zoo pas comme les autres a littéralement mis sur la carte la minuscule municipalité de Frampton, en Beauce (1239 habitants en 2016), où elle est tournée. 

Il n’y a pas que le zoo d’Émilie Ferland et de Clifford Miller qui ne soit pas comme les autres, la série l’est tout autant. Ses deux animateurs ne sauraient être plus différents, eux aussi. Sans prétention, sympathiques comme tout, ils parlent avec un accent beauceron à couper au couteau. Ils sont d’un naturel si déconcertant qu’on passe rapidement outre à leur français approximatif. 

C’est Marie-Ève Potvin qui a eu l’idée de la série. Diplômée en communication et en sciences de l’environnement de l’UQUÀM, elle était l’une des chevilles ouvrières du magazine 100 % Animal, diffusé à Télé-Québec à l’intention des adolescents.  

Alors qu’il y a foule comme jamais au zoo des Miller, cet été, on doit aussi accommoder l’équipe de tournage de Datsit Sphère, car Un zoo pas comme les autres aura une deuxième saison sur les ondes de TVA.

La série est une véritable leçon de vie, à la manière des fables de Jean de La Fontaine.