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«On va tous mourir»: la mort leur va très bien

«On va tous mourir»: la mort leur va très bien
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

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MONTRÉAL | Oui, on va tous mourir. Pourquoi ne pas s’en amuser, histoire de dédramatiser la fatalité? C’est ce que font avec brio Laurent Paquin et Simon Boudreault dans la comédie à «sketchs» On va tous mourir, que présente Juste pour rire au théâtre National pendant tout le mois de juillet.

L’enfilade de saynètes comiques implique seulement deux comédiens, Paquin et Boudreault – deux as de l’improvisation, mais qui, ici, récitent leurs propres textes écrits à l’avance – et ont toutes comme dénominateur commun le thème de la mort: un homme confronté à la Grande Faucheuse (bien sûr capuchonnée et vêtue de noir) et insatisfait de la mort qu’elle lui offre, un gaillard qui annonce à un ami son départ imminent... dans une quarantaine d’années, deux aventuriers qui jasent éthique en se demandant s’ils devraient se dévorer mutuellement, des petits garçons qui offrent un exposé oral ayant pour thème le décès d’un cochon d’Inde appelé François Legault, un philosophe en quête de ses dernières paroles, deux kamikazes en mission...

«On va tous mourir»: la mort leur va très bien
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Évidemment, certains segments sont plus réussis que d’autres. On pense ici à ce «petit guide de l’annonce de la mort» («Vous avez lu Les oiseaux se cachent pour mourir? Vous devriez vous trouver une bonne cachette...»), ou au «sketch» final (fœtal? On n’en dit pas plus...), fichtrement bien pensé et originalement interprété.

De grands acteurs

On aborde ici le trépas, vous l’aurez deviné, d’un angle rarement très grave, cherchant essentiellement à déclencher les rires. Et ce, dans une mise en scène dynamique de Serge Denoncourt, qui a trouvé quelques savoureuses idées animées pour lier ces courts tableaux aux décors et accessoires sommaires.

Le duo-vedette maîtrise bien son sujet, comme en font foi des statistiques émises en lever de rideau. Les numéros distillent çà et là quelques bonnes lignes, à défaut d’être vraiment hilarants. Certains gags sont d’ailleurs un peu éculés.

«On va tous mourir»: la mort leur va très bien
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Le spectacle offre une costaude démonstration des talents d’acteurs de Laurent Paquin et Simon Boudreault. Le premier incarne souvent la dose de folie dans les différentes partitions, tandis que le second endosse sans complexe le rôle du «straight man», qui lui va bien.

On l’a souvent vu jouer, dans Histoires de filles comme dans Demain matin, Montréal m’attend, et sa présence sur scène est indéniable lorsqu’il se produit en solo, mais on a tendance à oublier à quel point Laurent Paquin a le jeu dans le sang et est doté d’un puissant «timing» comique. C’est ce qu’on retiendra le plus de cette nouvelle proposition. Ses tirades dans la peau de l’homme d’affaires surmené qui n’a «pas le temps de mourir» constituent des prouesses de mémoire et de rapidité de débit!

On va tous mourir est un divertissement sans prétention à s’offrir si on est admirateur de Laurent Paquin ou simplement adepte d’humour léger, inspiré une minute et bon enfant l’instant suivant. On ne s’en souviendra peut-être pas le jour où on passera l’arme à gauche, mais pour égayer l’été 2019, c’est parfait.

On va tous mourir tient l’affiche du National jusqu’au 27 juillet, dans le cadre du festival Juste pour rire.