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Puis-je refuser de travailler quand il fait trop chaud?

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Avec la première canicule de l’été, certains travailleurs peinent à exécuter leurs tâches, notamment lorsque celles-ci exigent des efforts physiques dans un endroit non climatisé ou s’exercent à l’extérieur.   

Mais qu’est-ce qu’un travailleur peut faire quand la chaleur devient insupportable ?  

Coup de chaleur  

La CNESST calcule qu’en moyenne 24 travailleurs sont victimes d’un malaise causé par la chaleur chaque année.  

Étourdissements, vertiges, frissons ou fatigue inhabituelle sont les premiers signes annonciateurs d’un coup de chaleur. Dès cet instant, le travailleur devrait requérir de l’aide auprès d’un secouriste en milieu de travail ou de son superviseur.   

Si le travailleur a des pertes d’équilibre ou de conscience, des vomissements ou qu’il tient des propos incohérents, il y a alors urgence de requérir une aide médicale immédiate.  

La situation est à prendre très au sérieux, car un coup de chaleur peut causer le décès du travailleur.   

Obligations de l’employeur  

En vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, l’employeur doit identifier, contrôler et éliminer les risques pouvant affecter la santé et la sécurité des travailleurs, ce qui englobe les contraintes thermiques.   

Ainsi, il doit s’assurer que la température à laquelle ses travailleurs sont exposés ne dépasse pas les degrés maximaux établis par le Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Si aucun moyen ne permet de faire descendre le mercure, l’employeur sera alors tenu d’accorder des périodes de repos toutes les heures.  

Parmi les recommandations de la CNESST, l’employeur devrait également planifier l’organisation du travail pour les périodes de chaleur accablante, en octroyant des travaux légers lors des moments les plus chauds de la journée et en privilégiant le travail d’équipe pour éviter qu’un salarié ne soit isolé.   

De plus, il doit s’assurer que les employés auront facilement accès à une source d’eau fraîche ou prévoir des bouteilles d’eau en quantité suffisante. Une zone de repos devrait aussi être aménagée dans un endroit frais ou à l’ombre.  

Droit de refus  

Le travailleur a lui aussi l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger sa santé et sa sécurité. Entre autres, il doit boire de l’eau fréquemment et adapter son rythme de travail en tenant compte de son acclimatation à la chaleur.  

Par ailleurs, le travailleur peut refuser d’exécuter un travail s’il a des motifs raisonnables de croire que cela l’expose à un danger pour sa santé ou sa sécurité. La jurisprudence confirme qu’un travailleur peut se prévaloir de son droit de refus lorsque l’employeur n’a mis en place aucune mesure pour que la température ambiante respecte les normes établies par le Règlement cité plus haut.   

Pour ce faire, le travailleur devra aviser immédiatement son supérieur immédiat ou, en l’absence de celui-ci, un représentant de l’employeur. En cas de désaccord, il n’aura pas à exécuter les tâches l’exposant à un danger tant qu’un inspecteur de la CNESST n’aura pas été dépêché sur les lieux.  

Conseils  

Pour évaluer le risque de subir un coup de chaleur, consultez à ce sujet la section du site web de la CNESST .  

Pour calculer la température de l’air corrigé et l’alternance travail-repos à laquelle le travailleur a droit, rendez-vous sur le site de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).