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Offre hostile à Sebastian Aho: un coup de main aux Hurricanes

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Photo AFP Le directeur général des Hurricanes, Don Waddell, n’a même pas eu à négocier le contrat de Sebastian Aho, gracieuseté de Marc Bergevin.

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Si, au moment de la publication de ma chronique de la semaine dernière, j’étais emballé par la possibilité de voir Sebastian Aho à Montréal, je me demande aujourd’hui si le Canadien n’a pas donné un coup de main aux Hurricanes, intentionnellement ou non.  

Le résultat final de cette «attaque» de Marc Bergevin, c’est que les Hurricanes n’ont pas hésité une seconde à égaler son offre, et que Aho est demeuré en Caroline à un salaire raisonnable. Du point de vue des relations publiques, les deux organisations en sortent gagnantes parce que Bergevin paraît bien, tout comme son homologue Don Waddell.  

C’est gagnant-gagnant pour tout le monde et encore plus pour Aho, qui a reçu rapidement une belle augmentation négociée avec le Canadien avec des gros bonis avant chaque début de saison, incluant celle de 2020-2021 qui pourrait être écourtée ou annulée dans l’éventualité d’un conflit de travail.  

Offre pas assez hostile  

Je ne crois pas que Geoff Molson et Bergevin soient très surpris ou très déçus du dénouement. Leur offre n’était pas assez hostile pour avoir de grandes chances de réussite. Toutes proportions gardées, ce n’était pas une offre du niveau de celles qu’ont déjà reçues Joe Sakic, Shea Weber et Dustin Penner.  

Si tu veux vraiment aller à la guerre, tu ne pars pas avec une carabine à plomb. Si Bergevin et Molson voulaient vraiment amener Aho à Montréal, ils auraient dû offrir davantage. On aurait vu si un milliardaire comme Tomas Dundon était vraiment « vulnérable », pour reprendre le terme utilisé par Bergevin.  

Du côté purement hockey, autant c’était logique pour le Canadien de cibler un joueur de 21 ans comme Aho, autant c’était illogique pour les Hurricanes de le laisser partir. Cette offre de Bergevin a permis aux Hurricanes de régler rapidement le nouveau contrat de Aho.  

Dans le fond, les Hurricanes ont évité une situation comme celle de William Nylander, qui a fait la grève et n’a signé son plus récent contrat avec les Maple Leafs de Toronto que le 1er décembre 2018, après des mois de négociations difficiles.  

Lorsque Waddell a dit que l’offre des Canadiens lui éviterait d’avoir à négocier pendant tout l’été le contrat de Aho, c’était sarcastique, mais peut-être aussi révélateur.  

Au bout du compte, Bergevin l’a aidé à régler un dossier, que ce soit intentionnel ou non.  

Nouvelle tendance  

Ça fait des années que les directeurs généraux se soutiennent en évitant d’avoir recours aux offres hostiles. Pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ?  

La complicité est encore présente. Bergevin a peut-être servi de cobaye en testant une nouvelle façon plus créative d’amener cette complicité à un autre niveau. Je ne dis pas que c’est le cas, mais c’est une possibilité.  

Les directeurs généraux se rendent des faveurs mutuelles en échangeant des contrats, par exemple.  

Alors pourquoi ne pas éliminer des situations problématiques comme celle de Nylander avec des offres dites hostiles à des joueurs autonomes avec restriction comme Aho ?  

Bergevin vient peut-être de créer une nouvelle piste de solution. Je ne crois pas que Dundon et Waddell soient si furieux que ça après lui. On verra peut-être plus souvent des offres « réservées », comme celle qu’a reçue Aho.  

D’ailleurs, tout le monde paraît bien dans ce dossier. La meilleure firme de relations publiques au monde n’aurait pu concevoir un meilleur scénario.  

Aujourd’hui, personne ne peut blâmer Bergevin de ne pas avoir tenté le grand coup. On peut juste lui reprocher de ne pas avoir offert davantage. 

 – Propos recueillis par Gilles Moffet  

Entrefilets  

La suite pour le Canadien 

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Photo Martin Chevalier

On ne peut pas dire que le Canadien est une meilleure équipe aujourd’hui et je ne crois pas qu’il se passera de quoi de majeur d’ici le début de la saison. Il y a eu des départs et des arrivées. Deux bonnes nouvelles : Shea Weber sera là en début de saison et Keith Kinkaid devrait mieux performer qu’Antti Niemi. Weber, Carey Price et Brendan Gallagher seront les leaders. C’est une année de vérité pour Jonathan Drouin et pour le reste, on espère que les jeunes sauront surprendre. Est-ce que ce sera suffisant pour participer aux séries éliminatoires ? Je n’en suis pas certain, mais Marc Bergevin ferait mieux de s’en assurer.  

Les paires de défenseurs 

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Photo AFP

Après le départ de Jordie Benn, Marc Bergevin a fait l’acquisition du défenseur Ben Chiarot. Il a le potentiel pour faire partie du top 4 à l’arrière et on dit déjà qu’il sera jumelé à Jeff Petry. On verra. J’ai toutefois appris au long de ma carrière que les paires de défenseurs les plus efficaces sont d’abord le résultat d’une bonne chimie entre les deux joueurs et ça, c’est difficile à prévoir comment ça va fonctionner.  

Pourquoi pas Johansson? 

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Photo AFP

Un dossier qui est passé inaperçu est celui de l’ex-attaquant des Bruins de Boston Marcus Johansson, qui a accepté une offre de deux ans de 9 millions $ des Sabres de Buffalo. Voilà un joueur que Marc Bergevin aurait pu amener à Montréal sans risquer gros. Le Suédois de 28 ans aurait certainement pu aider le Canadien et il a connu de bonnes séries avec les Bruins.  

Éviter l’arbitrage 

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Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Trois joueurs du Canadien risquent de se retrouver en arbitrage, soit Joel Armia, Artturi Lehkonen et Charles Hudon. Ce dernier ne semble plus faire partie des plans à Montréal, mais si j’ai un conseil à donner à ces trois joueurs, c’est d’essayer d’en venir à une entente et d’éviter l’arbitrage. Chaque joueur qui passe par ce processus en ressort aigri.    

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