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Deuxième vague de mises à pied en deux jours chez Bombardier

L’entreprise avait annoncé mardi la mise à pied de 550 travailleurs à Thunder Bay

Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au moment de sa première visite à l’usine de La Pocatière en avril 2019. M. Bellemare avait alors rassuré les employés, relativement à l’avenir de l’installation du Bas-Saint-Laurent.
Photo d'archives, Stéphanie Gendron Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au moment de sa première visite à l’usine de La Pocatière en avril 2019. M. Bellemare avait alors rassuré les employés, relativement à l’avenir de l’installation du Bas-Saint-Laurent.

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LA POCATIÈRE | L’usine Bombardier Transport dans l’Est-du-Québec a annoncé mercredi qu’elle mettra à pied 87 employés en septembre, seulement quelques mois après un autre licenciement collectif et au lendemain d’une annonce semblable à son usine de Thunder Bay.

Cette décision s’explique par la fin du contrat de fabrication des voitures pour le métro de New York et des trains légers sur rail de Toronto et Edmonton.

« On veut continuer de travailler, mais il n’y a pas d’ouvrage », résume un travailleur qui fait partie des employés licenciés et qui a requis l’anonymat.

« Il y a une bonne atmosphère de travail, c’est bien payé », ajoute-t-il. Selon lui, certains collègues touchés préfèrent partir, faute de stabilité.

Le minimum de contenu local fabriqué aux États-Unis dans les contrats américains passera de 65 % à 70 % à l’automne, ce qui n’aidera pas la cause de l’usine du Bas-Saint-Laurent.

« Cela devient de plus en plus difficile pour Bombardier de tirer profit de son empreinte manufacturière partout au Canada, en raison des exigences de bientôt 70 % de contenu local », a dit Kaven Delarosbil, porte-parole pour Bombardier Transport.

En septembre, il restera un peu plus de 300 employés à l’usine de La Pocatière.

Toutefois, la prolongation du contrat de renouvellement des voitures Azur du métro de Montréal commencera à l’automne. Il est trop tôt pour savoir si des employés seront rappelés.

Pressions sur Ottawa

Le sujet des mises à pied chez Bombardier a fait l’objet de discussions au Conseil de la fédération, qui réunit tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux, mercredi et jeudi à Saskatoon. En plus des 87 employés de La Pocatière, l’entreprise avait annoncé la veille le licenciement de 550 travailleurs à son usine de Thunder Bay, en Ontario.

Les élus provinciaux ont fait pression sur le premier ministre Justin Trudeau, afin qu’il s’entende avec le président

Trump pour exempter les produits canadiens des exigences de 70 % de contenu américain dans les contrats publics. Au Canada, le minimum exigé est de 25 %.

« On demande au premier ministre du Canada de faire preuve de plus de leadership pour négocier, avec les Américains, une exemption au Buy American Act pour que le Canada soit considéré comme en Amérique. Donc, quand on dit 70 % de contenu local, il faut que le contenu qui est fabriqué au Canada soit inclus dans ce 70 % », a déclaré le premier ministre François Legault au nom du Conseil de la fédération.

« C’est très important parce qu’on pourrait voir plusieurs entreprises déménager leurs installations aux États-Unis à cause du Buy American Act », a-t-il ajouté.

-Avec la collaboration de Patrick Bellerose, à Saskatoon