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Cessons de signer, manifester et crier. Agissons!

Sylvain Légaré
PHOTO D'ARCHIVES, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS Sylvain Légaré

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Depuis quelques années, on parle beaucoup d’environnement. S’afficher comme son protecteur, comme « vert » ou « écologiste » c’est bien, mais changer ses habitudes pour agir en cohérence avec nos valeurs, sans hypocrisie, ça demande plus d’efforts.

Ne vous méprenez pas, je ne m’oppose pas à la vertu! Mais on a tellement vu ces images; des manifestations, des signatures de pétition, des grèves, que ça ne m’atteint plus. Pire, je les perçois maintenant plutôt de façon négative tant elles nous font sentir qu’on est relégués à des rôles d’incapables.

Quand je parle d’environnement avec mon fils, nos discussions ne tournent pas autour de protestations ou de signatures de pactes. Non, on parle plutôt des moyens qu’on pourrait prendre pour s’améliorer et mieux agir dans notre quotidien pour protéger notre planète.

Du positif et du constructif.

Les gouvernements, les villes, les entreprises et nous, les citoyens ; tout le monde doit poser des gestes pour protéger l’environnement. Nous avons tous comme devoir de faire de notre mieux dans chacune de nos réalités.

Par exemple, à la ville de Québec, on développe notre centre de biométhanisation. Nous avons réfléchi notre façon de faire la gestion des résidus alimentaires pour produire du gaz naturel renouvelable et de l’engrais pour nos potagers. On rentabilise nos déchets!

Oui oui, faire de l’argent...

La nécessité est mère d’invention. 

Pendant que certains scandent des slogans, d’autres sont en action devant l’urgence d’agir :

  • Adidas conçoit des espadrilles avec des résidus de bouteilles de plastique récupérés des océans;
  • On fait pousser et on vend des champignons de Paris, des pleurotes ou des shiitakes avec le marc de café récupéré;
  • On cultive de la spiruline sur le toit de certains hôtels de luxe en Thaïlande avec le CO2 récupéré des aires climatisées, on apporte cette algue dans les cuisines de restaurants, puis on vend la spiruline en smoothie aux clients de l’hôtel. (Pour utiliser une métaphore à la Idrisse Aberkane, mon mentor, je dirais que le CO2 est un repas complet pour la spiruline!

On prend un problème environnemental, on imagine un nouveau modèle d’affaires et on conçoit une solution lucrative. 

Enfin du positif et du constructif. Enfin quelque chose qui m’atteint.

On appelle ce concept l’économie bleue. Il a été développé par Gunter Pauli, le Steve Jobs de l’économie circulaire.

Manifester, déclarer la fin du monde, crier haut et fort qu’on aime la planète ne mène à rien. Pointer du doigt et désigner des coupables non plus. Car, ce qui fait la vraie différence, ce sont les gestes que nous posons chacun au quotidien.

Le meilleur exemple est tout près de nous, réalisé grâce aux efforts des citoyens. Au premier trimestre 2019, le centre de tri de la Ville de Québec a reçu 4% de plus de matières. Savez-vous comment ça se traduit? Pour la même période, l’incinérateur a connu une baisse de 5% des matières brûlées.

Sans faire la une des journaux, les héros de cette histoire sont les citoyens. Ils ont fait une grande différence dans leur environnement en faisant un bon tri de leurs matières à la source.

Demandez-moi ce que je fais pour l’environnement et comment on peut régler ces problèmes.

Non je ne manifesterai pas et non je ne signerai rien.

Oui je vais agir.

Je vous dépose notre plan environnemental familial pour les prochains mois.

• Bannir complètement les bouteilles de plastique de la maison. (Je suis à 80% environ, me reste un 20% pour réussir!)

• Éliminer complètement les sacs à sandwich en plastique et trouver une alternative.

• Recycler à 100% de nos capacités

• Éliminer les petits sacs de plastique pour l’achat de fruits et légume dans les marchés avec une solution de sacs réutilisables

• Diminuer notre consommation d’eau

• Dans 2 ans, envoyer nos résidus de table au centre de biométhanisation de la ville

• Arriver à zéro déchet? Possible!

Je veux des trucs, des bonnes idées pour m’améliorer et prendre de bonnes habitudes selon des objectifs réalisables... et pourquoi pas en faire profiter l’économie?

Vous, c’est quoi votre plan?

Sylvain Légaré, citoyen engagé

Val-Bélair.