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Êtes-vous prêt à combattre les fausses nouvelles?

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Le fédéral demande aux Canadiens de ne pas se laisser berner par les fausses nouvelles que des puissances étrangères vont faire circuler chez nous aux élections d’octobre. Si seulement il était si facile de protéger notre démocratie.

Une brochette de hauts fonctionnaires a donné un aperçu, hier, du rôle que jouera la cellule de crise qu’Ottawa a créée pour dénoncer des tentatives de manipulation graves de nos élections.

D’emblée, l’un d’eux a affirmé, sous le couvert de l’anonymat, que l’intégrité de nos élections dépend en grande partie des citoyens eux-mêmes.

« Tout dépend des Canadiens. S’ils utilisent leur esprit critique, les électeurs risquent moins d’être victimes de désinformation, sous toutes ses formes », a-t-il lancé aux journalistes.

Vérifier et contre-vérifier la provenance de l’information que l’on consomme est essentiel.

Mais soyons réalistes, même les consommateurs d’information les plus avertis sont susceptibles de se faire avoir par de fausses nouvelles.

Et on ne parle même pas des deepfakes, ces logiciels permettant de créer des vidéos truquées de personnages publics. Cette technique permet, grâce à des algorithmes avancés, de remplacer le visage d’une personne et de lui faire dire ce que l’on veut. Le spectateur n’y voit que du feu.

Géants du web

Plusieurs de nos alliés ont été victimes d’ingérence étrangère durant leurs élections respectives, dont la France et les États-Unis. Le gouvernement canadien admet que le pays risque lui aussi d’être touché en octobre prochain.

Les citoyens ont leur part à jouer dans la bonne marche de notre démocratie. Ils ne sont évidemment pas les seuls responsables de l’intégrité de nos institutions.

Les géants du web, par exemple, doivent aussi y contribuer. Malheureusement, ils sont rarement proactifs quand vient le temps de nettoyer leurs plateformes de contenus trompeurs ou mensongers.

Encore récemment, la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a semoncé Twitter parce qu’il tardait à s’engager à mieux contrôler son contenu à l’approche des élections fédérales d’octobre.

Le réseau social a finalement promis, fin juin, de travailler plus énergiquement à lutter contre la désinformation et à éliminer les faux comptes.

Les géants américains Facebook, Microsoft et Google s’y étaient déjà engagés, mais seulement après s’être fait tirer l’oreille par Ottawa.

Désinformation

Le gouvernement fédéral a mis en place un train de mesures pour se protéger contre l’ingérence étrangère, dont une cellule de crise responsable d’alerter la population en cas de menace grave.

Les représentants du gouvernement sont demeurés vagues, hier, concernant le seuil qui devra être atteint afin de déclencher une alerte au public. On souligne seulement qu’il sera « très élevé ».

Pour le reste, on compte sur les médias locaux et la société civile afin de faire la lumière sur les tentatives de tromper les électeurs. Sauf que les journalistes professionnels, dont c’est le métier de débusquer ces affaires, sont toujours moins nombreux.

Ottawa assure que sa cellule de crise ne servira pas à policer le discours politique sur internet. Les politiciens auront toujours le loisir de débattre sans craindre la censure, quitte à tordre la vérité.

Les partis politiques ont eux aussi un rôle à jouer pour protéger nos institutions. La ligne est parfois mince entre la désinformation et le discours politique partisan.