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Messe québécoise

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On n’en prend pas encore la mesure, mais mardi, à Québec, s’est déroulé un événement marquant dans l’histoire de notre identité.

Je parle évidemment du spectacle d’Éric Lapointe sur les plaines d’Abraham au Festival d’été.

Le show de sa vie

Dès l’arrivée de Lapointe en moto sur des Plaines remplies, se sont succédé sur scène Garou, Marc Dupré, Michel Pagliaro, Safia Nolin, Les sœurs Boulay, Marjo, 2Frères, Lara Fabian, Kevin Parent, Jean-Pierre Ferland, Marie-Mai, Mario Pelchat, Louis-Jean Cormier et ses protégés de La Voix, Ludovick Bourgeois, Travis Cormier et Colin Moore.

Sans oublier la surprise de la soirée, notre Ginette qui ne va jamais mourir, qui chante L’essentiel avec le parrain de la chanson québécoise, celui à qui on ne peut pas dire non.

C’était une messe de notre musique.

Bible identitaire

Du début à la fin de sa liturgie, Lapointe élevait la barre, chaque cantique nous rappelant qu’il est omniprésent dans la chanson québécoise des 25 dernières années.

À la fin, il surprend encore. Plutôt que de conclure avec son cultissime N’importe quoi, il enchaîne avec La voix que j’ai, clin d’œil à Gerry Boulet, dont on avait souligné plus tôt les trente ans de l’album Rendez-vous doux par un hommage mené par son fils Justin.

Entouré de ses apôtres, Éric Lapointe interprète l’hymne du rockeur crucifié.

En entendant toutes ces voix former une cosmogonie coulée dans le rock, on communiait à un genre musical snobé, parce que trop américain et populaire, mais tellement québécois.

Il y a eu le père, Gerry. Il y a le fils, Éric. Il y a la sainte Ginette et Marie-Marjo, puis tous leurs disciples. Il y a surtout un évangile québécois qui s’écrit encore, en dépit des objets qu’on accroche ou pas à nos murs.

Et si ce spectacle n’a pas été capté pour diffusion, on est clairement devant un péché de blasphème.