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Possible expulsion: une famille de migrants de Montréal craint la mort

Les Flores-Fajardo espèrent ne pas être expulsés du Canada vers le Honduras le 26 juillet

Famille flores
Photo Pascal Dugas Bourdon Andrés Flores tient Santiago, 10 mois. À sa gauche, Karen Fajardo, puis le fils aîné de la famille, Josue, 17 ans. Plus bas, Belén, 5 ans.

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À deux semaines d’être déportés, les membres d’une famille montréalaise craignent de se faire assassiner s’ils doivent retourner au Honduras.  

« Si nous retournons au Honduras, on va nous tuer », a indiqué sans détour au Journal Karen Fajardo, lorsque rencontrée à son domicile de Montréal-Nord, hier.  

Mme Fajardo vit avec son mari et ses trois enfants : Josue, 17 ans, est né au Honduras, Belén, 5 ans, est Américaine, tandis que Santiago, 10 mois, est né au Canada.  

Elle et son mari Andrés Flores ont vécu une dizaine d’années aux États-Unis avant de traverser au Canada en 2017. « On est partis à cause de Trump », a expliqué en français M. Flores, en référence aux politiques de déportation américaines.  

La famille a fait une demande d’asile lors de son arrivée au Canada. Le tribunal a cependant conclu en septembre 2018 que les Flores-Fajardo n’avaient « pas la qualité de réfugiés » au sens de la loi.  

Des membres de la famille, des voisins et des amis d’église soutiennent la famille Flores.
Photo Pascal Dugas Bourdon
Des membres de la famille, des voisins et des amis d’église soutiennent la famille Flores.

Départ imminent  

Résultat : la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada a refusé la demande d’asile, si bien qu’ils seront forcés de quitter le pays le 26 juillet.  

« Ça fait deux ans que je ne peux pas bien dormir. J’ai peur », a confié la mère de famille, la gorge nouée par l’émotion.  

À court de solutions, les Flores-Fajardo ont récemment formulé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires. La famille implore maintenant le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, de donner rapidement suite à sa requête.  

Mme Fajardo craint de subir les représailles d’un de ses oncles, qui a tué son père de 11 coups de feu en 1996, à San Pedro Sula. Alors âgée de 15 ans, elle avait été témoin de la scène d’horreur.  

« Il travaille avec les gangs. Donc, il va nous retrouver », a-t-elle indiqué.  

Un article de 1996 relate l’assassinat du père de Karen Fajardo au Honduras.
Photo Pascal Dugas Bourdon
Un article de 1996 relate l’assassinat du père de Karen Fajardo au Honduras.

Événement isolé  

Le récit de Mme Fajardo n’a cependant pas convaincu la cour du danger auquel s’exposerait sa famille si elle retournait dans ce pays très violent d’Amérique centrale.  

« Le tribunal est d’avis que cet assassinat vieux de 22 ans est circonscrit dans un événement particulier », peut-on notamment lire dans le jugement.  

Pour l’avocat de la famille, Stewart Istvanffy, « la commissaire a été assez sévère dans sa décision ».  

« Il y a des preuves assez fortes, des preuves de danger tangibles. [...] Vraiment, ces gens-là se sont échappés de l’enfer. »  

Amoureux du Québec  

La famille Flores dit aimer le Québec et s’être bien intégrée à sa culture d’accueil.  

Son fils aîné, Josue, se réjouit notamment de pouvoir « sortir dans la rue sans vivre dans la peur ». Il dit également adorer apprendre le français.  

« C’est la langue la plus riche que j’ai eu l’opportunité d’apprendre », a ajouté dans la langue de Molière celui qui rêve de devenir scientifique.  

Les deux adultes de la famille occupent un emploi : M. Flores fait le ménage dans une usine d’Anjou, tandis que Mme Fajardo est préposée aux bénéficiaires dans une résidence qui héberge des adultes lourdement handicapés.

  • ÉCOUTEZ l'analyse Me Denis L’Anglais, avocat spécialiste en droit de l’immigration à l'émission Avocats à la barre à QUB radio: