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Un médecin retraité frappe un enfant autiste en ski

L’homme de 71 ans reconnu coupable s’en tire sans casier judiciaire

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Photo Jonathan Tremblay Le pneumologue Paul Jacquemin (à droite), en compagnie de son avocat Alain Dubois, à sa sortie de la salle de cour, mercredi, au palais de justice de Granby. Il venait d’entendre son jugement de culpabilité.

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GRANBY | Un réputé médecin à la retraite ayant asséné deux coups de poing à un enfant autiste qui avait bousculé sa conjointe au pied d’une pente de ski s’en tire sans casier judiciaire.

« Je suis convaincue que vous êtes un homme qui a fait du bien dans votre vie en tant que médecin depuis des années. Mais quand vous avez vu cet événement-là, vous avez perdu le contrôle », a lancé mercredi la juge Julie Beauchesne au pneumologue Paul Jacquemin.

La magistrate a déclaré l’homme de 71 ans coupable de voies de fait à l’endroit d’un enfant de 11 ans à l’issue d’un procès qui s’est tenu l’hiver dernier.

Le 9 février 2018, Jacquemin et sa femme skiaient au mont Sutton, en Montérégie.

Au bas d’une piste, le couple s’est buté à une file d’attente devant le remonte-pente. À un moment, le septuagénaire a été témoin d’une bousculade inexpliquée entre un skieur agité et sa femme. Celle-ci se serait retrouvée au sol avec l’individu par-dessus elle.

Voulant se porter à la défense de sa conjointe, Jacquemin a sèchement agrippé le skieur, qui s’est avéré être un enfant de 11 ans. Le pneumologue lui a asséné deux coups de poing au visage sous les yeux de son père, a conclu la juge.

« Woah, lâche-le. C’est un enfant autiste », ont lancé des témoins à l’homme, qui a lâché prise en entendant ces mots. Le jeune était alors désemparé, étendu sur le dos, le visage ensanglanté.

Le garçon portait à ce moment un dossard orné d’une croix fluorescente, désignant un handicap.

Dépité, Jacquemin a repris son chemin avec sa femme sans se retourner.

Version non crédible

L’accusé a plaidé au procès qu’il n’avait pas frappé le jeune, mais qu’il l’avait plutôt retenu au sol. La juge Beauchesne n’a toutefois pas cru cette version qui « fluctuait » dans le temps.

« Son langage non verbal, son attitude et sa façon de témoigner permettent de douter de sa sincérité », a-t-elle indiqué. Les blessures auraient été moins sanglantes s’il n’y avait eu des impacts directs, a aussi souligné la présidente du tribunal.

L’ancien pneumologue agit toujours à titre de témoin expert à la cour et serait un des seuls au Québec à le faire, selon son avocat Alain Dubois. Un casier judiciaire aurait pu lui nuire, a-t-il invoqué, à propos de son client sans antécédents.

Jacquemin a pu obtenir une absolution inconditionnelle, notamment parce que la poursuite ne s’y opposait pas. Il a néanmoins dû remettre 500 $ à sa victime pour cette journée qualifiée « d’épouvantable » par la juge, et effectuer un don de 1000 $ à la Fondation des sports adaptés.