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Arts martiaux et humour noir sur fond de #MeToo

Arts martiaux et humour noir sur fond de #MeToo
Photo Pierre-Paul Poulin

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Dès la lecture du scénario, Jesse Eisenberg savait que The Art of Self-Defense allait toucher une corde sensible. Pourquoi ? Parce qu’il traite, entre autres, de la masculinité toxique et des inégalités entre les sexes. Mais ça, c’était à l’été 2017. Quand le mouvement #MeToo s’est enclenché quelques mois plus tard, il a su que l’impact serait encore plus considérable.

Le cinéaste américain Riley Stearns aurait-il été visionnaire ? Car c’est en 2015, soit deux ans avant l’avènement du mouvement planétaire, qu’il a mis le point final à son scénario, depuis devenu le film The Art of Self-Defense.

À l’écran, Jesse Eisenberg devient Casey, un homme solitaire qui, après avoir été victime d’une violente agression, s’inscrit au dojo du coin pour y apprendre les rudiments des arts martiaux. Et c’est sur le tatami qu’il sera tantôt témoin, tantôt victime, d’intimidation et de comportements toxiques, voire répréhensibles.

« Le monde des arts martiaux en est un de discipline et de structure qu’on pousse ici à l’extrême. Ça nous permet de toucher à plusieurs comportements, que ce soit la masculinité toxique ou encore la manière dont les hommes se traitent entre eux, mais aussi comment ils traitent les femmes », avance l’acteur new-yorkais, rencontré lors de son passage à Montréal au début du mois.

« Évidemment, le sujet était pertinent au moment où le scénario a été écrit, bien avant qu’il ne devienne aussi présent dans l’actualité et les discussions. Mais pendant le tournage, quand on a vu le mouvement #MeToo se développer et prendre de l’ampleur, on a réalisé toute la puissance politique de ce qu’on racontait à l’écran », poursuit-il.

Arts martiaux et humour noir sur fond de #MeToo
Photo courtoisie

Avec humour

Mais rassurez-vous. The Art of Self-Defense, d’abord présenté au festival Fantasia jeudi dernier, n’a rien de moralisateur ni de prédicant. Car au-delà de ses thèmes on ne peut plus sérieux, le film est en réalité une comédie, son scénario était « un des plus drôles » que l’acteur américain ait lu.

« Sans l’humour et la satire, des sujets comme ceux-ci peuvent devenir rébarbatifs. L’aspect comique du film empêche ici l’expérience de devenir didactique, et c’est ce qui m’intéressait dans ce projet-là. The Art of Self-Defense est d’abord et avant tout une comédie bien écrite, mais qui pousse aussi à certaines réflexions », souligne-t-il.

Arts martiaux et humour noir sur fond de #MeToo
Photo courtoisie

Contre les zombies

L’entrevue étant organisée en amont du festival Fantasia, dont la programmation est toujours riche en récits d’horreur, impossible de ne pas saisir l’occasion de parler du très attendu Zombieland : Double Tap, qui prendra l’affiche en octobre. Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Abigail Breslin et Emma Stone y reprennent leurs rôles, 10 ans après la sortie du premier chapitre.

Évidemment, l’acteur ne peut trop en dévoiler. Sa réponse est d’ailleurs une réflexion à voix haute : « Qu’est-ce que je peux raconter sans me faire poursuivre ? », et sous son ton humoristique, elle semble cacher une réelle préoccupation.

« On a mis une décennie à trouver le bon scénario, car on voulait s’assurer qu’il était digne du premier film. On voulait qu’il mène l’histoire ailleurs et qu’il conserve ce mélange d’humour sophistiqué et d’humour, disons, de plus bas étage », avance prudemment Jessie Eisenberg.

« Alors quand on s’est retrouvés sur le plateau, on savait qu’on était tous là pour les bonnes raisons, et non pour essayer de battre le fer pendant qu’il est chaud, en mettant à profit le succès du premier film. Je pense que les fans vont aussi le sentir », ajoute-t-il.


► Le film The Art of Self-Defense prendra l’affiche vendredi.