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Iberville en superhéros!

Corsaire d’hiver, Jean-Marc Beausoleil, Sémaphore, 168 pages
Photo courtoisie Corsaire d’hiver, Jean-Marc Beausoleil, Sémaphore, 168 pages

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Mêler la vie d’Iberville, l’histoire de l’escrime et le tournage d’un film bien contemporain mené par l’alter ego de Pierre Falardeau, c’est original et enlevant !

Le nouveau livre de Jean-Marc Beausoleil, qui en a dix autres à son actif, a pour point de départ un personnage particulier : Raoul Dagenais, fou d’histoires de cape et d’épée. Il en a d’ailleurs fait son métier puisqu’il est chorégraphe de combat, au théâtre comme à l’opéra.

Cette expertise n’étant guère courante, il tombe sous le sens qu’il soit approché pour le tournage d’un film sur Pierre Le Moyne d’Iberville.

Le projet est porté par le célèbre cinéaste Marc Bilodeau, « râleur de gauche, souverainiste convaincu, social-démocrate de la vieille école », rendu populaire par une série de films mettant en vedette un personnage ridicule nommé Johnny Skates. Et qui rêve en plus de tourner un film sur Papineau. La référence au défunt cinéaste Pierre Falardeau est nette : le Blondeau du roman en a même l’allure !

Ce Blondeau-là est soutenu par un magnat russe, Anton Boukariov, prêt à financer le projet sur Iberville.

Le film aura pour titre Le fléau des Anglais et il sera à grand déploiement : le plus imposant de l’histoire du cinéma au Canada ! Rien de moins pour faire voir le véritable héros que fut d’Iberville – explorateur, pirate, aventurier, hélas aujourd’hui oublié.

« Iberville, c’est notre d’Artagnan ! », lance Blondeau à Dagenais. Exactement l’argument qu’il fallait pour que celui-ci embarque dans l’aventure.

Chacun se doute bien que Boukariov, curieux financier, est de la race des bandits. Mais que d’aventures, et que d’argent écoulé, avant que ça ne s’avère !

D’ici là, on suivra les hauts et les bas d’un tournage pas comme les autres en raison tant de son ampleur que de ses vedettes.

Mais le récit nous plonge aussi dans le scénario du film qui décline tous les exploits d’Iberville. Les références historiques sont solides et si bien amenées qu’elles n’alourdissent en rien le roman.

Duel

Parallèlement, il y a Dagenais qui est à rédiger un ouvrage sur l’escrime et qui se sert des nombreux temps d’arrêt du tournage pour peaufiner le travail.

On découvre avec lui l’histoire vraie des duels, dont ceux qui ont eu cours en Nouvelle-France. Dagenais ravive aussi les sources qui ont inspiré Alexandre Dumas pour créer D’Artagnan ou Edmond­­­ Rostand pour Cyrano de Bergerac. Il traite également de La Maupin, de Casanova, de Zorro..., longue liste de personnages réels et fictifs qui ont su manier l’épée.

Jean-Marc Beausoleil raconte tout cela avec verve. Les dialogues sont vifs, les descriptions justes et les mises en contexte précises. Comme dans un duel de cinéma, ça virevolte de toutes les manières, mais jamais on ne perd l’ensemble de vue !

Évidemment, le film ne se fera pas. Mais l’important est ailleurs. Comme le conclut l’auteur : finalement, « les gens se rappelleront peut-être qu’Iberville n’est pas que le nom d’une station de métro ».