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Le «Boy's club»

En regardant ce «Boy’s club», j’ai eu une pensée pour la première femme qui a occupé le poste de «première ministre» du Québec...

Le «Boy's club»
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Vous avez certainement vu cette image des premiers ministres des provinces et territoires, 13 hommes, alignés, pour la photo de groupe du Conseil de la fédération du Canada. 

Un « Boy’s club ». Comme en 1909, comme en 1945. En 2019, aucune femme à la table des dirigeants provinciaux et territoriaux. Voilà qui est tout à fait désolant, mais ce n’est pas un hasard... 

Et au Québec... 

En regardant cette image, ce « Boy’s club », j’ai eu une pensée pour la première femme qui a occupé le poste de « première ministre » du Québec. Aux longs et impressionnants états de service de cette grande dame, celle qui a occupé tant de charges ministérielles.  

 

Le «Boy's club»
KARL TREMBLAY/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Pauline Marois n’a pas volé sa place. Tout de sa carrière politique la conduisait là.  

Pourtant, c’est une histoire triste que celle de l’accession de Pauline Marois à la plus haute fonction politique du Québec. Un moment historique, de septembre 2012, qui s’est soldé par un attentat terroriste, un attentat politique. 

Mme Marois n’aura pas eu le droit de prononcer un discours de victoire, devant les siens; elle n’aura pas pu profiter du moment, se dresser là, à titre de première ministre du Québec, saluée par ceux qui l’ont mené là.  

Rien de tout ça.  

Pire, il y a même eu quelques adversaires politiques pour suggérer que si l’on avait attenté à la vie de Marois, si l’attentat avait eu lieu, c’était peut-être un peu de sa faute.  

Abject, je sais.  

Mais c’était Pauline Marois, tous les coups étaient permis.  

Et que dire du traitement réservé aux femmes par le successeur de Pauline Marois, un certain Philippe Couillard?  

La manière cavalière par laquelle il a évincé Fatima Houda-Pepin du caucus, et éventuellement, du parti... Pour quoi en fait? Pour délit d’opinion, essentiellement. Sur la question de la laïcité, rappelons-le.  

Ce même Philippe Couillard qui, au cœur de sa gouvernance, alors qu’il imposait des coupes drastiques à l’État québécois, octroyait la gestion des portefeuilles ministériels les plus importants (91%) à des hommes, seulement.  

Vague de fond 

Il y a quelques années à peine, des provinces importantes étaient dirigées par des femmes; la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario et, pendant un bref instant et pour la première fois de son histoire, le Québec.  

Sur l’échiquier politique, ces femmes première ministre n’étaient pas de l’inclinaison politique de ceux, chaque fois des hommes, qui les ont remplacés. À l’exception, peut-être, de la Colombie-Britannique.  

En Alberta, Rachel Notley a été chassée par un ancien ministre du cabinet de Stephen Harper, celui qui a réussi à « unir la droite » dans sa province. Jayson Kenney est connu pour ses convictions très à droite, contre le mariage gai et anti-avortement.  

En Ontario, Kathleen Wynne, la première femme première ministre de l'Ontario et la première personne ouvertement homosexuelle à exercer cette fonction, a été remplacée par... Doug Ford. L’incarnation même du populisme de droite débonnaire...  

Qui voudra se lancer? 

Dans les conditions actuelles, qui voudra bien se lancer dans cette galère? On peut imaginer, sans trop se tromper, que des femmes de grande valeur passeront probablement leur tour quand on constate à quel point il est difficile pour une femme, encore aujourd’hui, d’accéder aux plus hautes fonctions.  

Qu’on ne s’y méprenne pas, il y a, dans tous les partis, des femmes de grande valeur, déjà. Là n’est pas la question. Il n’est pas sain, on le comprendra, que la fédération soit dirigée, dans les tous les plus hauts postes électifs, exclusivement par des hommes.  

Un « plafond de verre » dit l’adage... Ô que oui! Il reste tant à faire et surtout, une culture de la façon dont on « fait » de la politique à changer.