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Le pari d’Émile Gaudreault

Menteur
Photo courtoisie, Films Séville

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Le réalisateur Émile Gaudreault a déjà eu beaucoup de succès au box-office dans le passé avec ses comédies policières De père en flic. Mais avec Menteur, son neuvième long métrage, il tente le pari d’explorer un genre qui a peu souvent été abordé au Québec : la comédie fantaisiste.

Menteur, que Gaudreault a coscéna­risé avec Éric K. Boulianne et Sébastien Ravary, raconte l’histoire d’un menteur compulsif (joué par Louis-José Houde) qui voit tous les mensonges qu’il a racontés dans sa vie devenir soudainement réalité. Avec l’aide de son frère jumeau (Antoine Bertrand) et d’une nouvelle collègue de travail (Catherine Chabot), Simon devra trouver une façon de mettre fin à ce cauchemar. Pour son bien et celui de ses proches !

« C’est sûr que c’est un pari qu’on fait avec ce film, admet Émile Gaudreault en entrevue au Journal. Je me demandais si le monde allait nous suivre dans cette histoire parce que c’est flyé. J’avais l’intuition que c’était une très bonne idée. Mais en même temps, j’avais un peu peur parce que c’est un genre qu’on n’a pas encore vraiment abordé au Québec et qui est aussi très rare ailleurs dans le monde. J’en parlais récemment à un producteur français qui me faisait remarquer qu’à part Les visiteurs, ça avait peu été fait en France aussi. »

Émile Gaudreault raconte que c’est l’un de ses amis qui lui a involontairement donné l’idée du film : « Cet ami est un menteur compulsif qui utilisait souvent son fils comme excuse pour remettre un rendez-vous ou pour s’absenter quelque part. À un moment donné, je me suis dit qu’à force de nous faire croire que son fils était malade, il allait le rendre malade pour vrai. Je me suis dit : mais quelle bonne idée de comédie ! »

Émile Gaudreault
Photo Chantal Poirier
Émile Gaudreault

Effets visuels

Pour s’assurer que le public adhère­­­­ à la trame fantaisiste de Menteur, Émile Gaudreault a assisté à plusieurs projections tests de son film. Il a rapidement été rassuré par la réaction des spectateurs.

« Je me suis aperçu que les gens réagissaient bien et embarquaient complètement dans l’idée des mensonges qui deviennent réalité, raconte-t-il. La crainte que j’avais au début a donc rapidement été évacuée. Je me suis même dit qu’on aurait pu mettre encore plus de mensonges qui se concrétisent parce que les spectateurs trouvaient ça très drôle. »

Pour que son film puisse se comparer avantageusement aux autres comédies américaines du genre (comme Le jour de la marmotte ou Menteur, menteur), Émile Gaudreault était conscient dès le début qu’il devait se donner les moyens de ses ambitions. Ainsi, Menteur a été tourné avec un budget important (environ sept millions de dollars), dont une partie a été dépensée pour la création d’effets visuels.

« C’est rare qu’on ait des effets spéciaux dans les films québécois, mais dans ce cas-ci, ça en prenait quand même, parce qu’on est dans la fantaisie et qu’il y a des choses dans le film qu’on n’aurait pas pu tourner de façon conventionnelle », explique le réalisateur, qui a commencé sa carrière comme humoriste dans le Groupe sanguin.

« C’est sûr que les effets visuels coûtent cher, mais Denise [Robert, la productrice] a fait des pieds et des mains pour qu’on puisse avoir cette possibilité-là. Je trouvais ça important que les spectateurs québécois puissent voir quelque chose ayant une certaine amplitude. C’est un supplément qu’il n’y a pas souvent dans les films québécois. »


► Menteur, à l’affiche le 10 juillet.