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Le temps file si vite

Le temps file si vite
Illustration Adobe Stock

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Lundi, je « passe au cash », comme l’expression le dit. Pas financièrement, mais symboliquement, puisque pour fêter mes 30 ans de carrière, je me fais « roaster », si ça se dit, lors d’une soirée spéciale au Festival Juste pour rire.

Lorsqu’on en a parlé pour la première fois, il y a quelques mois, j’étais hyper excité, mais à quelques heures de l’événement, je confesse que je commence à être nerveux. Rien de plus sanglant que tes chums humoristes qui te manifestent leur amour en ayant carte blanche pour te cicatriser avec leurs gags incisifs. Le pire, c’est que je n’ai aucune idée qui va être là. Pour moi, ça va donc être mémorable.

Déjà

Mais évidemment, ça donne surtout l’occasion de réaliser comment le temps a passé vite.

Tu réalises qu’il y a 30 ans, tu es monté à bord d’un chariot et que c’était le début d’un voyage digne des plus grandes montagnes russes.

De mon bord, j’y ai ajouté un niveau de danger supplémentaire en prenant des détours dangereux. Ça me fait apprécier le tout encore plus.

Quand tu fais le choix de te lancer dans l’aventure du showbizz, à travers ta naïveté, tu as quand même le pressentiment que c’est un chemin de vie pas comme les autres.

Malgré les buts que tu t’es donnés, les images de succès que tu as dans ta tête, c’est impossible de s’embarquer sur ce chemin sans prendre de détours imprévus.

Un moment de soulagement

Je peux finalement dire que je suis rendu à une étape de ma carrière où j’ai un sentiment de soulagement. Ce n’est pas que je croie que tout va être beau et facile d’ici la fin de ma carrière, mais plutôt que tu réalises finalement que tu as réussi à cocher la majorité de tes objectifs.

Malgré son aspect de jungle où tu peux être prédateur et proie en même temps, le show-business reste quand même un terrain de jeu hallucinant. Ça m’a permis d’aller vous dire bonjour en personne aux quatre coins de la province, incluant des petits villages où il y a quatre traits d’union dans le nom.

J’ai la tête remplie de décors et de gens que je n’oublierai jamais, des rencontres que je n’aurais probablement pas vécues si ce n’était pas de mon métier.

J’ai la chance de partager l’écran avec ma fille. Toutes les semaines, je déjeune avec vous pendant qu’on prend un café probablement en même temps.

Les anciens

L’autre soir, j’étais en show au Bordel pour le Grand Montréal Comique. Un père qui y était avec son fils m’a écrit après pour me dire : « Merci pour la belle soirée. Au début, mon fils ne voulait pas venir, car il ne pensait pas que les anciens étaient drôles, mais tu lui as ouvert une fenêtre sur toute une génération qu’il a maintenant hâte de découvrir. »

Je me suis vite retrouvé avec un sourire sur le visage, pas seulement grâce à tous ces beaux mots, mais surtout en en lisant un en particulier : « anciens ».

Je suis un ancien ! Ça veut dire qu’à travers tous les défis que le métier m’a lancés et les propres pièges que je me suis tendus, je suis encore là.

La suite reste un mystère.

Malgré le fait que j’ai encore la tête pleine d’idées, je réalise que l’inconnu reste maître de toute destinée.

À travers mes yeux d’ancien, je me permets quand même d’envoyer un petit clin d’œil au jeune Maxim qui est monté sur les planches pour la première fois il y a 30 ans et de lui dire : « Merci d’avoir eu le courage de suivre ton rêve, car encore aujourd’hui, tu me permets d’en forger d’autres ! »