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Les Tzotzils: Ces Mayas qui tiennent à leurs couleurs !

Au marché de San Juan Chamula, cette jeune femme tzotzil nous montre une magnifique étoffe tissée.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Au marché de San Juan Chamula, cette jeune femme tzotzil nous montre une magnifique étoffe tissée.

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Ce qui m’a impressionné en allant au Mexique, c’est de voir, après tant d’années de ­mondialisation, combien cette puissante culture se distingue toujours autant de son voisin du Nord pourtant tellement dominant.

Autant j’avais été frappé au Maroc par la diversité des costumes et des couleurs des Berbères d’un village à l’autre, je croyais que cela était unique à ce ­continent. Eh bien, non ! Sur la route de San Cristobal de Las Casas, la visite de Chamula et de Zinacantan, deux ­villages tzotzils, en référence aux Mayas ­indigènes du Mexique. La plupart vivent toujours dans des villages de montagne constitués d’humbles chaumières.

Les Tzotzils étant hostiles à la photo, 
je n’ai pu croquer que ce sourire.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Les Tzotzils étant hostiles à la photo, je n’ai pu croquer que ce sourire.

Chaque zone maya arbore ses propres couleurs, pour se différencier. Les Tzotzils que j’ai rencontrés lors de mon dernier voyage portaient le bleu et le mauve. Mais il y a des Tzotzils d’autres communautés qui se revêtent de rouge vif. Imaginez si chaque village canadien d’antan avait eu ses propres couleurs et motifs !

Mélange de cultures

Leur religion est syncrétique : elle mélange leurs croyances préhispaniques et le catholicisme qui a, par ailleurs, tout fait pour s’acclimater à la culture locale. Bref, tout le monde s’est converti, mais le chamanisme perdure. Exactement comme au Guatemala où l’on est aussi chez les Mayas et où l’on prie le petit Jésus tout en vénérant le grand Jaguar.

Tous les lieux sont bons pour tisser.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Tous les lieux sont bons pour tisser.

Les Tzotzils, maîtres tisserands, gagnent surtout leur vie en vendant les tissus qu’ils confectionnent eux-mêmes. On voit ici et là des femmes tzotzils en train de tisser leur étoffe dehors sur la place publique. Cette ardeur au travail et sa qualité ­extraordinaire forcent l’admiration !

Malheureusement, leurs coutumes les poussent à honnir l’appareil photo. J’ai dû les prendre à leur insu. Toutes mes tentatives d’obtenir une collaboration ou de les dédommager s’ils acceptaient de poser ont échoué. Exactement comme chez les villageois musulmans du désert (ou encore les Amishs aux États-Unis), ils redoutent que l’image ne prenne une partie de leur vie.