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Lire deux ou trois trucs en même temps!

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À quelques jours du spectacle de Mes Aïeux à Québec, le chanteur et comédien Stéphane Archambault nous parle de ses coups de cœur littéraires.

Lorsque vous avez commencé à chanter avec Mes Aïeux, la littérature vous a-t-elle aidé ?

C’est sûr qu’elle m’a aidé. J’étais le seul non-musicien du groupe, alors je me suis attaqué aux textes. Et pour écrire des textes, il faut lire beaucoup. À partir du moment où on a trouvé notre créneau, je me suis tourné vers les contes. J’ai commencé par des contes traditionnels, puis je me suis mis à lire des contes qui venaient d’ailleurs, y compris ceux de Guy de Maupassant, qui a écrit des contes extraordinaires. J’ai aussi lu beaucoup de paroles de chansons, particulièrement celles de Brassens, qui est un maître en la matière.

Il y a quand même eu un livre plus important que les autres avec Mes Aïeux : L’abatis de Félix-Antoine Savard, un recueil de petites chroniques qui a engendré Les oies sauvages, une des chansons que j’aime le plus.

Est-ce qu’il y a un livre qui vous a marqué pendant votre jeunesse ?

J’ai presque le goût de répondre La Bible illustrée ! On l’avait chez nous et j’y revenais souvent, plus pour regarder les images que pour lire les histoires. Toute la Passion du Christ y est illustrée et le chemin de croix était plutôt gore ! Pour un enfant, ça peut être assez traumatisant... Je lisais aussi pas mal de comic books et quand j’ai terminé ma formation en théâtre, je suis tombé sur des bandes dessinées nettement plus substantielles. Maus d’Art Spiegelman m’a ouvert une porte et, depuis, je lis beaucoup de romans graphiques.

Au fil des ans, quels ont été vos principaux romans fétiches ?

  • Il y en a eu plusieurs, comme La porte des Enfers de Laurent Gaudé ou Les particules élémentaires de Michel Houellebecq, un auteur que j’aime beaucoup. Il a une façon d’écrire, d’entrer profondément dans l’âme des personnages qui me plaît.
  • Un autre truc que j’ai beaucoup aimé : Corps conducteurs de Sean Michaels. Ça mêle la fiction et l’histoire en tournant autour de l’invention du thérémine. C’est bien bon.
  • Si on aime un peu le roman graphique, Les amateurs de Brecht Evens vaut la peine. Tout est fait au pinceau, et chaque page est un tableau, une œuvre d’art. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris a également été pour moi un coup de cœur.

Quel livre a récemment réussi à vous ébranler assez pour avoir envie d’en parler ?

Le meurtre du Commandeur de Haruki Murakami. C’est un cadeau de mon frère François et j’ai presque fini le deuxième tome. Je n’ai pas lu beaucoup de littérature asiatique et dans la façon dont Murakami narre son histoire, tout est cérébral, un peu analytique. Ça m’a déstabilisé et c’est ce qui m’a fait embarquer.

Lorsque vous étiez en vacances, vous vous rappelez un livre qui vous a captivé au point d’oublier la mer, la forêt ou les montagnes ?

Je vais revenir à Houellebecq. Je me souviens d’un voyage où il fallait absolument que je finisse La Carte et le Territoire.

En ce moment, que lisez-vous ?

Je suis le genre de gars à lire deux ou trois trucs en même temps. Là, je lis le roman graphique, L’espion qui croyait de John Hendrix. C’est l’histoire vraie d’un pasteur luthérien qui a comploté pour tuer Hitler. Mais comme Dieu a dit « Tu ne tueras point », le conflit intérieur qui en résulte est assez intéressant.

À part ça, un autre roman graphique m’attend, une biographie d’Andy Warhol qui s’intitule Andy, un conte de faits de Typex.

Et quel est le roman que vous vous promettez de lire sous peu ?

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. J’ai lu à plusieurs reprises que c’était un livre merveilleux. Il faudrait vraiment que je lise également Guerre et Paix de Tolstoï et Les frères Karamazov de Dostoïevski. Pour s’attaquer à des livres aussi costauds, il faut avoir le temps et l’énergie de le faire...

De façon générale, qu’est-ce qui guide vos choix de lectures ?

Un paquet de choses ! J’ai des amis qui sont de bons lecteurs et je me fie à eux de façon aveugle. Sinon, j’aime beaucoup bouquiner et je fonctionne au hasard : il faut que la quatrième de couverture soit intéressante, mais aussi que l’objet soit beau. Même la texture du livre compte...

Un mois de juillet bien occupé !

En plus du spectacle avec Mes Aïeux qui aura lieu le 14 juillet dans le cadre du Festival d’été de Québec, on pourra voir Stéphane Archambault au TNM les 15, 17 et 21 juillet dans la pièce Laurel et Hardy.