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Une pluie d’offres pour trouver des couvreurs de toiture

Alors qu’un compagnon gagne 40 $/heure, l’industrie peine à combler ses besoins

Steeve Arbour a besoin de la main-d’œuvre étrangère pour soutenir la croissance de son entreprise, mais il est freiné par « les délais de paperasserie » des gouvernements, alors que l’obtention de cartes de compétence ne poserait pas de problèmes.
Photo courtoisie Steeve Arbour a besoin de la main-d’œuvre étrangère pour soutenir la croissance de son entreprise, mais il est freiné par « les délais de paperasserie » des gouvernements, alors que l’obtention de cartes de compétence ne poserait pas de problèmes.

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Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés s’y préparent.


Dans l’industrie de la construction, les couvreurs sont recherchés comme jamais. En fait, on pourrait dire que les offres d’emploi pleuvent. Pour arriver à combler les besoins, il en manque 504 dans la région de Montréal et 728 dans la région de Québec, mis à part les centaines d’autres postes disponibles ailleurs dans la province.

La pénurie qui touche le métier de couvreur a incité le secteur à se prendre en main. En juin dernier, l’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ) a lancé une campagne de promotion ayant comme slogan « T’as pas vu ma vue », destinée à mieux faire connaître les avantages du métier.

« On ressent la pénurie de main-d’œuvre depuis l’an dernier, mais cette année, ça frappe encore plus fort », a déclaré Marc Savard, directeur général de l’AMCQ.

« C’est un métier saisonnier, et là, il y a vraiment un problème. Chaque entreprise à qui je parle pourrait prendre dix employés de plus », a-t-il ajouté.

On compte au Québec près de 1000 entreprises spécialisées dans le recouvrement de toiture.

« Ça va commencer à être grave. Ce n’est pas parce qu’ils vont refuser des contrats. C’est que les délais vont s’étirer. On a un problème, car la saison, elle, ne s’étire pas. L’autre chose à faire attention, c’est que ça peut attirer d’autres entreprises qui sont là parce qu’il y a une passe d’argent à faire. On aime moins ça », a ajouté M. Savard.

Les médias sociaux

Avec une présence accrue sur les médias sociaux, l’AMCQ prend les grands moyens pour toucher les jeunes. « Assis devant un ordi toute la journée, ça t’accroche pas ? Viens voir le monde... d’en haut ! » véhicule l’Association dans sa campagne.

La paye n’est pas à négliger non plus puisque le salaire d’un compagnon s’élève à 40 $/l’heure, tandis que celui d’un apprenti dans le secteur commercial qui sort de l’école est de 26,50 $/l’heure.

Pas assez de finissants

Au total, les écoles de formation fournissent une centaine de diplômés par année. « On sait que les inscriptions sont à la baisse. Il y a un enjeu démographique important. Les écoles nous le disent. On espère que notre campagne va aussi aider les écoles à faire du recrutement », a affirmé M. Savard. Selon lui, les métiers saisonniers sont davantage touchés par la pénurie parce qu’ils sont en compétition avec d’autres métiers qui, eux, offrent du travail à l’année.

« La priorité numéro un pour l’Association, c’est aider les membres à se trouver de la main-d’œuvre. On n’attendra pas après les subventions. »

À cause du caractère saisonnier du travail, l’industrie pourrait avoir recours à la main-d’œuvre étrangère.

« On veut respecter les conventions qu’on a signées. S’il y a une possibilité ? Pourquoi pas », a conclu M. Savard.


► Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à diane.tremblay@quebecormedia.com.

L’Industrie touristique est AUSSI menacée

Le principal moteur économique de Tadoussac que représente l’industrie touristique est menacé par la pénurie de main-d’œuvre. Selon un sondage, des commerçants sous pression sont de moins en moins motivés à rester dans l’industrie.

L’an dernier, la pénurie de main-d’œuvre a notamment forcé le propriétaire du restaurant Chantmartin, Dany Tremblay, à travailler en cuisine pour la première fois en 17 ans. « Est-ce que je peux tenir cette cadence-là longtemps ? C’est très difficile », explique-t-il.

Il n’est pas le seul à vivre directement les impacts de la pénurie de main-d’œuvre.

Il s’agit même d’un problème généralisé, selon l’agente au développement économique de la municipalité, Andréanne Jean.

« On parle d’une menace parce que ça vient mettre un frein au développement de notre industrie première, ici à Tadoussac », dit-elle.

La ville a effectué un sondage l’automne dernier auprès de 23 gestionnaires ou propriétaires de commerces. En tout, près de 50 % voient leurs chiffres d’affaires affectés, 80 % voient leur qualité de vie diminuée et 56 % sont moins motivés à poursuivre dans l’industrie.

Conseil du patronat du Québec

Nouveau service d’accompagnement

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a lancé dernièrement un nouveau service d’accompagnement des employeurs en matière de gestion des ressources humaines. Ce nouvel outil intitulé « Partenaire Services RH » est en mesure d’aider les entreprises de partout au Québec à se démarquer pour attirer et retenir des employés adaptés à leurs besoins.

« Je suis fier d’annoncer un soutien financier de 1,8 M$ au Conseil du patronat du Québec pour déployer son nouveau service d’accompagnement Partenaire Services RH. Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, les entrepreneurs doivent revoir leurs façons de faire en matière de gestion des ressources humaines et de recrutement », a affirmé Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale à l’occasion du lancement.

Ce service d’accompagnement personnalisé aide les employeurs à faire face à leurs défis, comme les petites entreprises qui n’ont pas toujours les ressources pour établir des plans d’action.

Investissement historique

70,3 millions $ de plus pour la francisation

Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), Simon Jolin-Barrette, annonce un investissement supplémentaire de 70,3 M$ pour un budget total atteignant plus de 170 M$, dès cette année, pour la francisation des personnes immigrantes.

Cet investissement majeur permettra au MIDI de mettre en place quatre nouvelles mesures, notamment pour élargir les clientèles admissibles et pour bonifier l’allocation de la participation à des cours de francisation.

Le ministre estime que « la connaissance du français est un élément essentiel pour une intégration des personnes immigrantes ».

« Elle favorise par le fait même leur intégration au travail et à la société québécoise », poursuit-il.

Cette annonce a été accueillie favorablement par le Regroupement des organismes en francisation du Québec.