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Denis Bouchard: Voyager hors des sentiers battus

En montgolfière dans la Cappadoce.
Photo courtoisie En montgolfière dans la Cappadoce.

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Il est tout le contraire d’un casanier. En tout et partout Denis Bouchard a visité une centaine de pays. La Birmanie, la Géorgie, la Jordanie, la Corée du Nord... La liste est longue ! Des destinations hors des sentiers battus comme l’Iran, un pays qu’il a trouvé fascinant à découvrir et dont le peuple est particulièrement accueillant : « J’ai toujours une valise dans ma chambre avec mon passeport, des euros et de l’argent américain. Je suis prêt à partir sur un 10 cents ! Quand je voyage, j’ai l’impression de prendre un break de moi-même, et j’adore ce sentiment », dit celui qui transmet maintenant sa grande passion à son fils Léo.

Avec Léo  à Angkor Vat, au Cambodge.
Photo courtoisie
Avec Léo à Angkor Vat, au Cambodge.

 

D’où vous vient cette passion du voyage ?

Je suis un nomade, et ce depuis ma tendre enfance. Mon père Fernand aimait bouger, et nous déménagions fréquemment. Au point où je ne me souviens pas d’être resté plus de deux ans à la même école. Comme mon père, je n’ai jamais été ­capable de rester longtemps au même ­endroit. Les livres de Tintin m’ont aussi ­ouvert sur le monde. J’ai dû lire 400 fois certaines de ces bandes dessinées et encore aujourd’hui, il m’arrive d’en relire !

Avez-vous beaucoup voyagé en famille ?

Tous les étés, nous profitions des plages d’Ocean City, dans le ­Maryland. J’ai souvent eu la chance d’accompagner mon père dans ses voyages d’affaires. Il était comptable pour de grosses entreprises comme Chrysler, Ford et Toyota, en Gaspésie et sur la Côte-Nord. Alors, entre boys, on s’aventurait sur la route avec beaucoup de plaisir. Je me souviens aussi que pour m’endormir, il me parlait de voyage. Mon père avait un esprit critique et était fasciné par l’histoire. Il m’encourageait à voyager pour me faire ma propre idée. C’est beaucoup à cause de lui si j’aime voyager, et que je suis féru d’histoire. Une passion que je ­transmets maintenant à mon fils Léo. À 16 ans, il a déjà visité une trentaine de pays.

Quels ont été vos voyages les plus marquants ?

Le Japon ! Tokyo et sa grande ­région métropolitaine me ­fascinent, car 35 millions d’habitants y vivent en ­harmonie ! Ce pays est ­extrêmement organisé, d’une ­propreté ­irréprochable et tout est à sa place. Mais j’ai trouvé les Japonais impénétrables. L’Iran m’a également séduit. Ce pays n’a rien à voir avec l’image que l’on s’en fait. Les trois quarts du pays sont constitués d’un immense désert où l’eau est une ­rareté. Mais les Iraniens ont inventé des techniques leur permettant de puiser l’eau dans les nappes ­phréatiques jusqu’à deux kilomètres de ­profondeur et parfois éloignées de centaines de kilomètres. C’est ainsi que l’on retrouve dans le désert des villes verdoyantes avec de jolis jardins comme Chiraz, bien connue pour son célèbre vin.

Mais n’est-ce pas dangereux comme destination ?

Avec de jeunes Iraniens dans un resto sur le bord de la route.
Photo courtoisie
Avec de jeunes Iraniens dans un resto sur le bord de la route.

 

Pas du tout. Au contraire, le peuple est très heureux d’accueillir des touristes. Les gens seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une société matriarcale. En Iran, il y a des femmes imans. De plus, elles sont beaucoup plus instruites que les hommes. Comme ces derniers sont au travail dans des métiers qui leur sont réservés, et qu’on ne sait pas quoi faire avec elles, on les ­instruit. D’ailleurs, la plupart des avocats et des médecins sont des femmes.

Y a-t-il d’autres pays qui vous ont particulièrement fasciné ?

La Géorgie, un tout petit pays de 3 ­millions d’habitants, dont 30 % du ­territoire est ­occupé par l’armée russe. Pour leur ­survie et pour marquer leur identité, les ­Géorgiens ont massivement investi dans leur culture. À Tbilissi, une ville de 500 000 habitants, on trouve 24 théâtres et 14 musées, et les œuvres d’art sont ­omniprésentes dans les rues. L’un des ­hôtels de la ville, le Stamba, construit dans une ancienne imprimerie soviétique est une véritable œuvre d’art. Des milliers de livres forment les murs de cette ancienne imprimerie communiste dont on a gardé les vieilles machines en y rajoutant une ­piscine sur le toit visible de la réception, mais par en dessous.

Vous aimez beaucoup la Birmanie...

Un pays remarquable qu’il faut visiter avant qu’il ne soit trop envahi par le ­tourisme chinois. J’ai particulièrement aimé le lac Inle, et son village lacustre. Il s’agit de cabanes en bois construites sur des lits de quenouilles, et sur lesquels on trouve également des cultures de fruits et de légumes ! Il faut également voir Bagan (anciennement orthographié Pagan), ce vaste site archéologique de 50 kilomètres carrés avec des pagodes à perte de vue dont certaines ont plus de 1000 ans.

Où retourneriez-vous de nouveau sans hésiter ?

L’Équateur pour explorer les îles ­Galapagos, la vallée des Volcans ­encore en activité et bien sûr, l’Amazonie. ­L’Amérique du Sud et le Brésil me plaisent également. À l’époque, j’avais beaucoup aimé l’Indonésie, mais aujourd’hui avec le trop-plein de touristes, Bali est ­devenue très commerciale, bien qu’Ubud doit ­toujours être aussi extraordinaire. Les Îles grecques sont pour moi un vrai paradis, et je ne me lasse jamais d’aller en Grèce.

Avec Léo à Pétra en Jordanie
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Avec Léo à Pétra en Jordanie

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