/portemonnaie/job
Navigation

Des nouveaux arrivants nous livrent leur avis sur le travail au Québec

Des nouveaux arrivants nous livrent leur avis sur le travail au Québec
Crédit Photo: Unsplash

Coup d'oeil sur cet article

Lorsqu’ils arrivent au Québec, les nouveaux arrivants doivent absolument s’adapter à la culture du travail. Les horaires, les relations de bureau et les politiques de vacances changent. Porte-monnaie a rencontré quelques immigrants qui ont livré leurs pensées sur le travail au Québec.

Des qualités certaines

Les personnes interrogées n’hésitent pas à reconnaître au système québécois certains avantages indéniables.

Les relations au travail

Les nouveaux arrivants reconnaissent que les liens au sein des bureaux québécois reposent moins sur les rapports stricts de hiérarchie.

Erwan, Franco-Ivoirien travaillant comme analyste de crédit dans une banque réputée, explique son opinion par la proximité entre patrons et employés : «les managers restent très proches de leurs équipes et on peut s’adresser à eux directement en les tutoyant ce qui pouvait paraître impossible auparavant. J’ai fait un stage en Côte d’Ivoire. Mis à part saluer les managers, je ne leur adressais pas la parole à moins d’y être invité. Et les tutoyer était inimaginable».

Un autre de ses stages a eu lieu dans une banque à Montréal. À l’époque jeune diplômé, il était ébahi de voir un vice-président provincial de l’entreprise venir rencontrer une dizaine de stagiaires simplement pour les écouter et leur donner des conseils. «C’était complètement informel, très agréable et en même temps étonnant que dans un emploi du temps aussi chargé, un moment soit alloué pour écouter de jeunes employés comme moi», raconte-t-il.

Bastien, français établi au Québec depuis 2011, apprécie également ces relations de travail plus horizontales. «je joue au tennis avec mon chef tous les 15 jours depuis plus d'un an. Je me serais mal vu faire ça avec un supérieur en France».

Le sens des opportunités

Au Québec, on valorise les capacités des gens et on se base sur elles afin de savoir si une personne pourra remplir une job ou non. «C'est qu'on n'a pas peur de donner sa chance à un nouveau venu», comme le dit Alain.  

Feriel, jeune tunisienne arrivée en 2017 a trouvé un emploi dans le monde de la mode sans avoir d’expérience ni de diplôme lié à ce secteur. «Ma première expérience de travail ici s’est faite dans une usine à Granby où je gérais l’inventaire de pièces pour des machines à tisser. Je n’avais jamais fait ça avant, mais on a cru en moi et j’ai vécu une très belle expérience».

La vie après le travail

D’après Julie, Française de 28 ans et vidéaste dans une grande entreprise, «le rapport au travail ici est différent. C’est normal d’avoir une vie après le travail». D’autant plus, rappelle-t-elle, que les heures supplémentaires sont moins normalisées au Québec. «Faire des heures supplémentaires me semble plutôt mal vu. Ça reflète un problème, soit que tu as beaucoup trop de travail sur les épaules, soit que tu manques d’efficacités. Ça engendre une remise en question».

Erwan, l’analyste financier de 24 ans, évoque également l’absence de la notion du présentéisme qui existe dans d’autres cultures. «Ici, il n’y a pas besoin de rester au bureau jusque tard le soir pour être valorisé ou pour prouver que le travail est bien effectué. Au contraire, un bon employé est celui qui effectue l’ensemble de ses tâches dans le temps imparti». 

Quelques manques tout de même

Si tous les nouveaux arrivants interrogés trouvent un équilibre heureux au sein du monde des affaires québécois, ils constatent néanmoins quelques inconvénients avec lesquels il faut apprendre à vivre.

Vacances, vacances, vacances

Lorsqu’on leur demandait ce qui leur manquait, la plupart de nos intervenants n’hésitaient pas une seconde : il y a trop peu de vacances au Québec.

Les Français, surtout, sont les premiers à en pâtir. Habitués à un minimum de cinq semaines de congé sans compter les jours fériés, il est normal que la politique de vacances québécoise les bouscule un peu.

«Deux semaines en commençant, puis trois semaines, ça reste vraiment faible», déclare Erwan, le jeune natif d’Abidjan.

Licenciement sans préavis

Youssef, employé maghrébin dans une grande banque québécoise, trouve que les employés sont moins protégés. «Ils peuvent te renvoyer quand ils veulent, c’est moins sécurisé».

Julie a également relevé ce point : «Tu peux te faire virer sans préavis et beaucoup plus facilement. Quand tu arrives au Québec, c’est quelque chose qui effraie un peu, mais avec le temps on n’y pense plus, car c’est la norme ici.»

On ne parle pas de soccer à la pause café

Ou devrait-on dire de foot? Bien sûr, les différences culturelles interviennent au bureau. «En ce moment, c’est la coupe d’Afrique des Nations et au travail personne ne la suit. En Côte d’Ivoire, la dernière fois qu’on a gagné, c’était congé national. Ça me manque un peu», confie Erwan. 

Au final, malgré quelques désavantages, les immigrants interrogés ont du monde du travail québécois une idée assez positive. Feriel, la Tunisienne qui travaille maintenant dans le secteur des assurances, conclut ainsi sur son expérience : «le Québec est pour moi l’incarnation du ‘’quand tu veux, tu peux’’».
 

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux