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Hydro-Québec essuie un refus de Pessamit concernant un projet évalué à 800 M$

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PESSAMIT - Les membres de la Première Nation de Pessamit, sur la Côte-Nord, se sont prononcés, samedi, contre une entente avec Hydro-Québec sur un projet de ligne haute-tension évalué à près de 800 M$.

Le projet vise à relier les postes de Micoua, sur la Côte-Nord, à Saguenay. Il s’agit d’une ligne haute-tension de 262 km qui passe directement sur le territoire innu de Pessamit.

Hydro-Québec a proposé une entente à la communauté pour avoir son appui. L’entente portait également sur les enjeux de la protection du saumon et du développement récréotouristique.

La société d’État n’a pas dévoilé les sommes qu’elle comptait verser à Pessamit dans le cadre de l’entente Pipmuakan, mais selon le chef de la communauté innue, René Simon, celle-ci serait d’environ 80 M$, en plus de jusqu’à 50 emplois pour la communauté.

Samedi, la question aux urnes était: «Autorisez-vous le chef René Simon à ratifier et à mettre en œuvre au nom de la Première Nation innue de Pessamit l’entente Pipmuakan?»

Quelque 540 personnes se sont rendues voter, et 54% ont rejeté l’entente.

«C’est sûr qu’au départ, il y avait énormément de gens qui sont très préoccupés au niveau du fait que ça aurait eu des impacts sur l’habitat naturel du caribou forestier, a souligné Jérôme Bacon St-Onge, conseiller élu au Conseil des Innus de Pessamit. Élargir des lignes qui sont déjà existantes était pour eux certainement inconcevable. Mais en même temps, on est toujours partagé entre le fait de créer de l’emploi et notre économie, et la protection de notre territoire.»

Mais, selon le chef René Simon, le choix de la journée du vote – journée où plusieurs citoyens étaient en dehors de la communauté à cause de festivals – et la façon dont le conseil des Innus a fait valoir l’importance de l’entente sur le développement économique n’ont pas fait en sorte d’attirer autant de citoyens que ce qu’il aurait voulu.

«Disons que ça a été un peu négatif, a dit M. Simon en parlant de sa réaction. Moi, j’entrevoyais une réponse positive de la population, mais je pense que le timing a été mal choisi. Les votants n’étaient pas là. Le nombre de votants maximum, c’est 2500 environ. Donc 500 sur 2500, c’est pas beaucoup. C’est 25%, peut-être.»

Pour sa part, Hydro-Québec dit respecter les résultats du référendum et prévoit continuer de négocier avec Pessamit, mais sans toutefois révéler si elle envisage ou non d’augmenter la mise pour obtenir l’appui de la population. De toute façon, a-t-on dit à TVA Nouvelles, le projet de ligne haute-tension ira de l’avant, peu importe l’avis des Innus de Pessamit.