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Le racisme de Trump

Le racisme de Trump
Photo AFP

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Donald Trump vient d’être accusé de racisme. À nouveau. La société américaine demeure très raciste, surtout dans certains États américains.  

Le racisme est cette idéologie qui estime, à tort, que des qualités ou des défauts sont liés à la couleur de la peau des gens. Les xénophobes, qui peuvent être ou non racistes, sont les personnes qui n’aiment pas les étrangers parce qu’ils sont étrangers.   

Trump dans sa série de Tweet sur des élues démocrates à qui il suggérait de «retourner dans leur pays d’origine» est à la fois xénophobe et raciste.  

Il est xénophobe parce qu’il laisse entendre que des étrangères qui sont devenus américaines et qui ont prêté serment aux États-Unis ne peuvent pas être de vrais Américaines. C'est en fait le cas d'une seule des élues visée par ses tweet est née à l’étranger (en Somalie). Les autres sont nées aux États-Unis. Un comble quand ont sait que sa propre épouse, Melina Trump, n’est pas née aux États-Unis.  

Il est raciste parce que ces femmes ont un physique plutôt latino-américain ou que l’une a la peau noire.  

On pourrait rajouter qu’il est misogyne, parce que ces attaques ne s’adressent qu’à des femmes. Il aurait aussi bien pu s'attaquer à des hommés élus issus de minorités raciales. 

Les propos de Trump sont facilement condamnables. Il cherche à rejoindre une grande partie de sa base électorale qui est raciste. Il fait probablement diversion parce que les rafles contre les immigrants illégaux qu’il avait annoncées pour ce week-end ne se sont pas produites.  

Rien de très nouveau dans tout ceci.  

Un amalgame dangereux  

Mais il y a plus. Trump accuse les élues qu’il veut «renvoyer dans leur pays» d’être aussi des partisanes des idées de gauche. Idées qui selon lui ont ruiné les pays où elles seraient nées. Trump opère donc l’amalgame suivant :   

gauche = influence étrangère néfaste = atteinte à la «pureté raciale» américaine = parti démocrate.  

C’est un cocktail réducteur qui déchaîne les passions. Ces passions empêchent de penser la politique de manière rationnelle. Elles polarisent à l’extrême.   

Un courant raciste qui se dit antiraciste  

La société américaine est traversée par des courants antiracistes de toutes sortes. Encore une fois, rien de neuf ici. Mais l’un d’entre-eux, qui s’identifie à la gauche, tient en fait un discours particulièrement raciste envers les gens qui ont la peau blanche, sous prétexte de lutter contre le racisme.  

Pour ceux qui appartiennent à ce courant, tous les gens de race blanche sont automatiquement des racistes, simplement parce qu’ils sont de race blanche. Ils doivent donc se taire devant n’importe quelle personne dont la peau est colorée. Les personnes à la peau blanche ne peuvent pas non plus invoquer la logique et la science, parce que ces pseudo-gauchistes prétendent que la logique et la science sont des inventions de blancs qui ont servi à justifier le racisme. Ces racistes antiracistes vont jusqu’à la négation du droit d’existence sociale de toute personne qui est en désaccord avec leurs thèses ubuesques.  

Pour en revenir à Trump, il paraît clair que le but de sa manœuvre est d’attribuer aux Démocrates américains la logique de ces extrémistes qui se disent de gauche et qui sont de fieffés racistes sous le couvert de lutte anti-raciale.   

Ces gens sont très minoritaires aux États-Unis. Mais ils semblent séduire une partie des jeunes. Ce mouvement est en effet présent dans des universités américaines. Le cas le plus extrême étant celui de l’université Evergreen dans l’État de Washington.  

Et dire qu’un président américain est supposer unir les Américains.