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Les Backstreet Boys causent encore l’hystérie

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Le temps n’a apparemment pas d’emprise sur l’histoire d’amour qui lie les Backstreet Boys et le Québec. En prestation au Centre Bell, lundi, le groupe emblématique d’une génération a revisité son catalogue de «hits», dansé ses habituelles chorégraphies et... causé l’hystérie.

Ils faisaient hurler les adolescentes au milieu des années 90, et c’est encore le cas en 2019. Près de 25 ans plus tard, les gamines sont maintenant grandes, plusieurs d’entre elles sont devenues mamans – certaines avaient trainé leur (parfois très jeune) progéniture au concert, preuve que les refrains pop préfabriqués se transmettent d’une époque à l’autre –, mais elles ont encore autant de décibels à cracher quand leurs favoris se pointent devant elles.

Ç’a été flagrant dès le départ. Du lot de 16 784 âmes nostalgiques venues époumoner leurs souvenirs, lundi, la grande majorité était, on s’en doute, de sexe féminin.

Il fallait voir et entendre ces demoiselles trépigner d’excitation quand les visages de Nick, Howie, Brian, A. J et Kevin sont apparus sur l’écran qui convergeait en triangle vers la foule, après le déferlement d’une pluie de pépites d’or scintillantes virtuelles. Puis, quand les idoles se sont matérialisées, en chair et en os, dans un crépitement de feu d’artifice.

Cris aigus

On pense que les premières paroles entonnées furent celles d’«Everyone», mais on ne peut l’affirmer sans l’ombre d’un doute, tant le volume venant des gradins était élevé et strident.

On a ensuite rapidement reconnu le rythme saccadé de «I Wanna Be With You», interprétée dans un balayage d’éclairages et de projections rouges et blanches. On vous confirme que, même dans la trentaine et la quarantaine, des spectatrices peuvent émettre des sons très, très aigus.

Beaucoup de cellulaires – accessoire qui n’avait pas encore la cote au moment où les Backstreet Boys entamaient à la fois la fin de leur puberté et leur chemin de vedettes internationales à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, à l’été 1996 – étaient levés, mais ce qui se remarquait, surtout, c’était la réception sonore. Nos tympans s’en souviendront sûrement pendant quelques jours.

Le vacarme s’est intensifié au quart du parcours, à la reconnaissance de «Get Down (You're the One for Me)». «Show Me the Meaning of Being Lonely» a également généré l’enthousiasme. Pourtant parue en 2005, bien après le faîte de la gloire des BSB, «Incomplete» a entraîné une chorale unanime dans l’amphithéâtre.

Beaucoup à voir

Leur actuelle tournée «DNA», marquant les deux décennies et demie d’existence de la formation, était le prétexte de la présence des immortels Backstreet Boys en sol montréalais. Le quintette a également lancé un album du même nom en début d’année, dont quelques pièces ont été glissées çà et là dans le programme.

Mais c’est, bien sûr, pour les «Shape Of My Heart», «Quit Playing Games (With My Heart)», «I’ll Never Break Your Heart», «Everybody (Backstreet’s Back)», «We’ve Got It Goin’ On» et autre «I Want It That Way», qui devaient encore venir au moment d’écrire ces lignes, qu’on s’égosillait sans ménagement.

Visuellement, on ne savait souvent pas où regarder, tant il y a beaucoup à voir dans l’univers des Backstreet Boys: en plus des effets animés en fond de scène et des éclairages qui striaient la scène, nos bien-aimés chanteurs étaient souvent répartis à toutes les extrémités de leur plateforme. On devait donc chercher pour distinguer les rides de l’un et les pectoraux encore bien définis de l’autre.

Baylee en première partie

Signe des années qui filent sans trop qu’on s’en aperçoive, c’est Baylee Littrell, fils de 16 ans de Brian et sosie de son illustre papa, qui assurait la première partie de la soirée avec son country-pop très actuel, beaucoup moins bonbon que le style qui a propulsé l’auteur de ses jours sous les projecteurs.

Si fiston était accompagné de musiciens pendant son tour de piste, les Backstreet Boys, eux, ne se sont jamais «encombrés» d’instruments dans leurs spectacles. Nos hommes ont besoin d’espace pour trémousser leurs chorégraphies. Celles-ci sont maintenant peut-être moins enflammées, l’âge y faisant, mais demeurent aussi étudiées que jadis.