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FEQ: de belles découvertes pour les curieux

Twenty One Pilots
Photo Annie T. Roussel Twenty One Pilots

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Mon travail me demande d’écouter de la musique quotidiennement et de me tenir à l’affût des nouvelles tendances. Chaque année pourtant, je fais plusieurs belles découvertes au Festival d’été.

2019 n’a pas fait exception. Quel adorable paquet de nerfs que ce Yungblud, avec ses bas roses et ses chansons sur le 220, en première partie de Twenty One Pilots.

Je l’avoue, l’univers de Bruce Springsteen et ses acolytes du E Street Band n’a jamais été ma tasse de thé. Or, je m’en veux depuis samedi dernier de n’avoir pas découvert plus tôt le fantastique showman qu’est Steven Van Zandt. Lui aussi jouait tôt, à 19 h. Ça paye d’arriver de bonne heure.

Pour bien des festivaliers, la révélation fut probablement alt-J. Ou même Twenty One Pilots, qui a sûrement élargi son public à Québec grâce à sa superbe performance sur les plaines d’Abraham.

Satisfaisant malgré les critiques

La programmation 2019 manquait d’éclat, lisait-on pourtant, partout sur le web, depuis le dévoilement des têtes d’affiche en avril.

C’est vrai qu’il n’y avait pas de Metallica, de Foo Fighters ou de Rolling Stones pour donner du prestige à l’affiche. Or, personne n’y a pas perdu au change. Il y avait chaque soir de quoi satisfaire autant les mélomanes les plus exigeants que les simples curieux.

Voilà ce qui fait le charme du FEQ. Avec un minimum de curiosité, il devient hautement improbable, avec 300 concerts en onze jours, de ne pas y trouver son compte.

Les gens de Québec le doivent à une équipe de programmateurs allumés, passionnés et acharnés. On aime bien chialer, mais qui échangerait Louis Bellavance, un maniaque de musique toujours prêt à défendre ses choix autant qu’à avouer ses erreurs, contre un autre directeur de la programmation?

Les femmes et les bouteilles

Le Festival d’été n’est pas parfait. Il devra notamment se pencher sur la représentation des femmes au sein de la programmation. Deux têtes d’affiche féminines sur vingt-deux sur ses deux grandes scènes extérieures, c’est peu. Trop peu. Le FEQ a le devoir de saisir la moindre opportunité pour présenter plus de stars féminines, d’autant plus qu’elles sont toujours plus nombreuses – qu’on pense à Cardi B, Billie Eilish ou Camila Cabello – à obtenir de grands succès populaires.

Le festival peut aussi s’améliorer sur le plan environnemental. Certes, le FEQ est à l’avant-garde à bien des niveaux à propos de la sauvegarde de la planète, mais son prochain défi sera de trouver une façon, comme l’ont fait d’autres festivals de musique, d’interdire la vente d’eau embouteillée sans nuire à l’expérience des festivaliers en période de canicule.

Si le Festival d’été aspire à être reconnu comme un des plus grands événements musicaux en Amérique, voilà le genre de leadership qui lui incombe.

On peut être optimiste. Comme l’a démontré la nouvelle directrice générale Anne Hudon, quand elle a annoncé l’intention de franciser le nom des AfterFEQ pour l’an prochain, les dirigeants du FEQ semblent à l’écoute des critiques.

Ça n’en fera qu’un meilleur festival.