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13 Reasons Why: trop peu, trop tard?

Netflix coupe une scène de suicide dans la série 13 Reasons Why

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Les intervenants québécois en prévention du suicide approuvent la décision de Netflix de couper la scène qui montre comment l’héroïne adolescente de 13 Reasons Why s’enlève la vie. Cependant, ils auraient aimé que le géant de l’écoute en continu agisse plus tôt. 

«C’est très peu et très tard», déplore Catherine Rioux, coordonnatrice des communications de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). «Nous ne pouvons pas être contre le retrait de la scène, mais ça arrive deux ans et demi après la sortie de la saison 1. Pendant ce temps, il y a certainement des centaines de milliers de jeunes qui ont vu la série et la scène.» 

«Il n’est jamais trop tard, mais on aurait aimé que ça se fasse plus tôt», renchérit la présidente du Regroupement des centres de prévention du suicide du Québec, Lynda Poirier. 

«Plus le temps avançait, plus on voyait apparaître des études qui démontraient que ça pouvait être dangereux auprès des gens plus vulnérables. Que Netflix se rajuste montre qu’ils sont à l’écoute», croit pour sa part Hertel Huard, chef d’équipe des intervenants de Tel-Jeunes. 

Une étude réalisée à l’Université médicale de Vienne recense d’ailleurs 94 décès par suicide de plus que prévu chez les jeunes Américains de 10 à 19 ans dans les trois mois suivant la diffusion de la série.  

  •  ÉCOUTEZ l'entrevue de Cécile Bardon, chercheuse au Centre de Recherche et Intervention sur le Suicide et l’Euthanasie (CRISE) à l’UQAM, à QUB radio:  

  

 Aller plus loin 

Dans une scène très controversée du dernier épisode de la saison 1, le suicide de la jeune Hannah, retrouvée ensanglantée dans le bain par sa mère, est filmé avec moult détails graphiques. Sur l’avis de spécialistes, Netflix a annoncé le retrait de la scène, mardi.

«Plusieurs jeunes nous ont fait part du fait que 13 Reasons Why les avait incités à parler de sujets difficiles comme la dépression ou le suicide», a fait savoir Netflix dans une déclaration écrite. 

L’AQPS estime néanmoins que Netflix aurait dû aller plus loin. 

«D’autres éléments dans la série vont à l’encontre de la prévention du suicide. Par exemple, l’utilisation du suicide comme un outil de vengeance, l’associer à des personnes responsables du geste ou sa glorification à divers moments dans la série», expose Catherine Rioux. 

 Au Québec, une tentative de suicide du personnage de Marie Lamontagne, dans Unité 9, avait fait sourciller les intervenants. Ces derniers souhaiteraient que les artisans d’œuvres de fiction leur demandent conseil lorsqu’ils doivent traiter du suicide à l’écran. 

 L’AQPS cite en exemple les auteurs du téléroman Yamaska, Anne Boyer et Michel d’Astous, qui l’avaient contactée pour déterminer comment ils pouvaient aborder adéquatement la question du suicide. 

«Leur démarche a ouvert un grand espace de collaboration. Nous avons aussi accompagné plusieurs autres artisans et, généralement, ça ne dénature pas les contenus. De toute façon, c’est très rare qu’on veuille recommander de ne pas en parler», conclut Catherine Rioux. 

 Si vous avez besoin d’aide 

 Ligne québécoise de prévention du suicide  

 Jeunesse, J’écoute  

 Tel-Jeunes