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Un écrasement d’avion fait 3 morts et 4 disparus

L’appareil s’est abîmé dans le lac Mistastin au Labrador durant une expédition de pêche

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 Trois personnes ont péri et quatre autres sont toujours portées disparues après l’écrasement d’un avion d’Air Saguenay dans un lac éloigné du Labrador. Les recherches de l’armée n’ont toujours pas permis de retrouver les occupants manquants, dont le pilote, qui volait dans la région depuis sept ans.  

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 Le terrible accident est survenu lundi sur le lac Mistastin, situé à 250 km au nord-est de Schefferville. 

 À bord de l’appareil de type Beaver se trouvaient un pilote, deux guides de pêche et quatre touristes, lesquels visitaient la pourvoirie Three Rivers Lodge. Le groupe se rendait à Mistastin Lake pour la journée, mais n’est jamais revenu en soirée, lundi.  

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 Le président d'Air Saguenay, Jean Tremblay, était à l'émission Dess de 11 à 13 sur QUB radio:   

 Forces armées impliquées 

 C’est finalement un avion des Forces armées qui a localisé l’appareil vers 5 h, mardi matin. «Le site de l’écrasement était facilement identifiable puisque la queue de l’appareil ainsi que quelques débris étaient visibles sur l’eau», a indiqué le major Mark Gough. 

 En fin de journée mardi, les Forces armées ont confirmé avoir retrouvé les corps de trois victimes. «Nous n’avons pu retrouver les quatre autres, ni dans l’eau ni sur la terre», a fait savoir M. Gough. 

 Aucune indication quant à la provenance, l’âge ou le sexe des victimes n’a été donnée par les autorités. 

Capture d'écran, Google Maps

 Pilote expérimenté 

 Le pilote, par contre, a été identifié par la direction d’Air Saguenay. Gilles Morin, 61 ans, cumulait plus de 20 000 heures de vol, selon son patron qui le décrit comme un pilote expérimenté et consciencieux. D’après nos informations, il ferait partie des quatre personnes toujours portées disparues par les autorités. 

 Ce dernier connaissait bien le secteur du Labrador où s’est produit l’écrasement, puisqu’il patrouillait dans la région depuis sept ans. En fait, le pourvoyeur exigeait même que ce soit lui qui se charge de ses clients année après année. 

 «Three Rivers Lodge me le redemandait tous les ans. C’était comme une exigence, pour eux, que ce soit Gilles le pilote. Il était très apprécié de la clientèle et il était professionnel jusqu’au bout des doigts», confie Jean Tremblay, président d’Air Saguenay. 

 «C’est un deuil, un choc. On ne réalise pas trop encore. J’ai de la difficulté à comprendre ce qui est arrivé», peinait à s’expliquer Michel Fillion, un employé d’Air Saguenay et un ami du pilote qu’il qualifie de «très expérimenté et très prudent». 

 Quant à l’avion impliqué, le Beaver immatriculé C-FJKI, il s’agit d’un appareil construit en 1956, déjà victime d’un écrasement en juillet 2001. Les cinq occupants avaient toutefois survécu à l’impact et l’avion avait été reconstruit «selon les normes», assure Jean Tremblay. 

Un appareil de type Beaver s’est écrasé dans un lac du Labrador lundi. Celui qui figure sur la photo n’a pas été impliqué dans l’écrasement, il s’agit seulement d’un avion du même modèle, aussi propriété d’Air Saguenay.
Photo courtoisie
Un appareil de type Beaver s’est écrasé dans un lac du Labrador lundi. Celui qui figure sur la photo n’a pas été impliqué dans l’écrasement, il s’agit seulement d’un avion du même modèle, aussi propriété d’Air Saguenay.

 Toujours Inexplicable 

 Aucune explication entourant les circonstances de l’accident n’est pour le moment avancée. Même le président d’Air Saguenay ne peut déterminer si l’écrasement s’est produit à l’amerrissage à l’arrivée des voyageurs lundi matin ou au décollage après leur journée de pêche. 

 «Nous, ce qui nous a alarmés, c’est qu’ils ne sont pas revenus à 19 h ; c’est à partir de là qu’on a commencé à s’inquiéter», souligne M. Tremblay, ajoutant qu’il ne croit pas que des problèmes mécaniques aient pu causer l’accident. 

 «Ça me surprendrait que ce soit mécanique ou la météo. Je pense plus pour le moment à une erreur humaine ou à un malaise», indique le président de la compagnie. 

Aucun commentaire

Le directeur de la pourvoirie Three Rivers Lodge, n’a pas souhaité faire de commentaire sur les tristes évènements. «Nous ne ferons aucune déclaration à ce stade», a déclaré Kevin Barry, lorsque joint par Le Journal.

Selon nos informations, les deux guides impliqués dans l’écrasement seraient originaires de Terre-Neuve.

Un troisième écrasement mortel en 9 ans

 La compagnie Air Saguenay n’est pas à sa première tragédie aérienne. Depuis 2010, au moins deux autres appareils d’Air Saguenay se sont écrasés, entraînant le décès de 10 personnes. L’écrasement d’un appareil de type Beaver Havilland DHC-2 au Labrador, faisant trois morts et quatre disparus, est le troisième accident mortel en neuf ans pour la compagnie aérienne fondée en 1960. 

 16 juillet 2010 

  

 Un hydravion a quitté le lac du Quatre, près de Roberval, en direction des Monts-Valin. L’appareil s’est écrasé près de Chute-des-Passes, à 230 kilomètres au nord de Saguenay. 

 L’événement a entraîné la mort de quatre des six passagers. Dans son rapport d’enquête, le Bureau de la sécurité des transports (BST) avait conclu que le pilote n’aurait jamais dû décoller puisque les conditions météorologiques étaient inférieures au minimum établi des règles de vol. 

 Les proches des victimes ont intenté une poursuite de 2,5 M$ contre Air Saguenay, pour négligence, insouciance et témérité. Le tout s’est réglé à l’amiable. 

 23 août 2015 

  

 Un hydravion a quitté Tadoussac pour un survol touristique. L’appareil s’est écrasé dans un secteur boisé près des Bergeronnes. Lors de cet écrasement, les six occupants, cinq touristes et le pilote, ont péri. Le BST a conclu qu’un décrochage de l’hydravion est survenu au moment où le pilote faisait un virage à grande inclinaison. 

 Les proches d’une des touristes, qui était originaire de la France, ont intenté une poursuite de 300 000 $ contre Air Saguenay. 

 L’appareil en cause  

  •  De Havilland DHC-2 (Beaver) 
  •  Construction 1956 
  •  7 passagers 
  •  Immatriculé C-FJKI 
  •  No de série 992 
  •  L’avion avait déjà été impliqué dans un écrasement le 7 juillet 2001, à 200 kilomètres au nord de Chicoutimi. Les cinq personnes qui se trouvaient à bord avaient survécu, mais avaient subi des blessures. L’avion a été reconstruit et a repris les airs en 2002, confirme Jean Tremblay, président d’Air Saguenay.