/entertainment/shows
Navigation

Centre Bell: Def Leppard généreux de ses classiques

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | La série de concerts aux relents du passé se poursuit au Centre Bell: après les Backstreet Boys lundi et Heart mardi, c’était au tour de Def Leppard de communier avec l’amphithéâtre de ses classiques rock immortels, mercredi, dans la foulée de sa présente tournée canadienne.  

Le groupe à la carrière quadragénaire n’a pas été chiche de ses vieux succès, pigeant essentiellement dans ses disques emblématiques Pyromania, Hysteria et Adrenalize pour raviver souvenirs et cordes sensibles.  

La formation Tesla, compagne de route de Def Leppard depuis déjà quelques années, a offert une costaude première partie d’une heure, après quoi un décompte des 30 minutes restantes avant l’entrée en piste de la bande à Joe Elliott s’est affiché sur deux écrans latéraux.  

L’hystérie (inévitable jeu de mots) s’est propagée dans la foule de 10 910 âmes nostalgiques comme une trainée de poudre aux cinq dernières secondes et a culminé à l’apparition de trois «Montreal» inscrits en lettres de feu près des deux cadrans.  

«Rocket, Yeah»  

La mise en scène d’ouverture, sur Rocket, était superbe. Une illusion de téléviseurs «vintage» (avec des roulettes!) empilés les uns sur les autres se dessinait derrière les cinq musiciens.  

Les appareils du dessus, hissés haut, renvoyaient l’image des artistes s’époumonant plus bas, tandis que derrière, des extraits d’archives rappelant des souvenirs de l’époque de gloire de Def Leppard, dans les années 80, se bousculaient dans une télévision de plus grande dimension.  

Au parterre, les bras battaient l’air à l’unisson au rythme des «Rocket, Yeah» du refrain.  

Et c’était parti pour une soirée de rock et de complicité inébranlable entre Def Leppard et son public montréalais. L’assistance a souvent été bruyante d’enthousiasme et, en retour, les sourires des éternels adolescents quinquagénaires aux vestes scintillantes, que retransmettaient les écrans, en disaient long.  

Il faut dire que le groupe renouvelle fréquemment ses vœux avec la Belle Province. Passés au Centre Bell en 2012, 2015 et 2017, et à Québec en 2013 et 2016, ainsi que lundi dernier, au Centre Vidéotron, les rockeurs britanniques ont appris à prononcer le «Merci beaucoup» de circonstance dans un français impeccable, et l’ont abondamment formulé pendant le spectacle, souvent entrecoupé d’ovations tonitruantes et de déclarations d’amour des jubilaires à leurs spectateurs.  

Savoir-faire  

Éclairages étagés et animations colorées ont supporté l’excitation ambiante sur Animal et Excitable.  

Un important vacarme émanant des gradins a salué les premières mesures de la toujours irrésistible «Let’s Get Rocked», que les vieux routiers, représentants de la vague «glam metal», ont poussée avec des airs de gamins taquins. Le chanteur tendait son micro à la masse, et celle-ci répondait avec ardeur sur les vers qu’elle connaissait. La même fièvre a ensuite porté Armageddon It.  

Le bassiste Rick Savage a été reçu en héros au moment d’une longue introduction solo sur une relecture de Rock On, de David Essex, livrée devant un élégant fond noir et blanc. Plus tard, le batteur Rick Allen a eu droit au même traitement royal après une démonstration de son savoir-faire.  

Si on sentait l’attention générale se relâcher un brin au commencement d’une version dépouillée de Two Steps Behind, la magie a opéré de nouveau, et c’est en chœur que les gens présents ont terminé d’entonner le morceau.  

Sans doute l’un des titres les plus attendus, «Love Bites» a davantage causé un mouvement unanime de brandissement de cellulaires allumés pour filmer que de cris de joie, dès les premiers vrombissements des effets sonores caverneux de la pièce. L’émotion s’est accentuée au gré de la chanson, conclue dans un croisement d’éclairages aux rayons laser.  

Au moment d’écrire ces lignes, on espérait encore les bombes Hysteria, Rock of Ages, Photograph et, bien sûr, Pour Some Sugar On Me.