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L’échec de Benoit Dorais

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Les politiciens ne sont pas des saints. Personne ne l’est. Étant élus par les citoyens, ils sont néanmoins tenus à des normes éthiques à la hauteur de leur poste. Au minimum, cela comprend la responsabilité d’être cohérents, de faire eux-mêmes ce qu’ils disent aux autres de faire et de ne pas représenter un danger pour la sécurité publique. C’est une question d’imputabilité et de crédibilité.

Malheureusement, Benoit Dorais, président du Comité exécutif de l’administration de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a échoué au test. Le Journal révélait qu’il s’est fait épingler en avril pour un excès magistral de vitesse au volant. M. Dorais roulait à 171 km/h (!) sur l’autoroute 35.

Passer l’éponge ?

Ce faisant, il a mis des vies en danger. De 1995 à 2017, il a aussi dépassé la limite de vitesse à huit autres reprises. À ce compte-là, ce n’est plus une erreur isolée de jugement, mais un comportement récidiviste. Sans compter la contradiction flagrante entre ses gestes et le parti-pris de Projet Montréal, le parti de la mairesse Plante, contre l’usage même de l’automobile.

Pour relativiser le tout, une journaliste de la Montreal Gazette invoque la tragédie de Chappaquiddick. En 1969, l’auto de Ted Kennedy plongeait dans l’eau et tuait la jeune femme qui l’accompagnait. Elle y ajoute le cas de René Lévesque qui, en 1977, avait renversé et tué un piéton. Ce qui, dit-elle, ne les a pas empêchés d’être réélus.

Les temps changent

Peut-être, mais c’était une autre époque. C’était un temps où de nombreux politiciens buvaient comme des trous, collectionnaient les maîtresses, et où les femmes étaient aussi rares dans les parlements que les itinérants au Ritz.

Eh oui. Les temps changent. On exige plus et mieux. Comme s’il était au-dessus des lois, M. Dorais s’est comporté de manière hautement dangereuse sur la route. Pour un élu, l’échec est indéniable.