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Un requin blanc aux Îles-de-la-Madeleine

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Un requin blanc a été localisé près des côtes des Îles-de-la-Madeleine, lundi, par l’organisme américain Ocearch qui traque les parcours de squales, baleines, tortues, phoques et alligators. 

Le mâle Brunswick mesure 8 pieds et 9 pouces, pèse 431,54 lb et est un requin blanc juvénile. 

«Peu importe ce que Brunswick a trouvé aux Îles-de-la-Madeleine, il doit vraiment aimer cela. Le requin se tient très près des rives depuis quelques jours», a écrit l’organisme Ocearch, lundi, sur son compte Twitter. 

«J’ai une bonne idée de ce qu’il a trouvé ici!», lance Lyne Morissette, chercheuse en écologie marine, en entrevue avec TVANouvelles.ca. 

«Brunswick est clairement là pour se nourrir», ajoute Mme Morissette, précisant que le requin blanc est davantage intéressé par les phoques que les humains.

Avec sa faune marine variée, les Îles-de-la-Madeleine sont «un garde-manger très intéressant» pour les requins. 

Du jamais vu? Pas vraiment! 

«Nous n’avions jamais vu un requin blanc dans cette zone avant», soutient Ocearch. «Pourrait-il nous donner un nouveau morceau du casse-tête qu’est le requin blanc?», ajoute l’organisme américain. 

Pas si vite, avertit la spécialiste en écologie marine! Brunswick n’est pas le seul squale dans les eaux du Québec. Les requins blancs sont présents dans le golfe du Saint-Laurent chaque année. 

«Mais c’est la première fois qu’Ocearch a des données sur un requin blanc dans cette zone», précise la chercheuse. 

Les requins blancs sont présents dans tous les océans du monde et peuvent supporter toutes les températures, surtout lorsqu’ils ont de quoi se nourrir. 

Danger pour les baigneurs? 

Avec les vacances, les touristes sont présents en grand nombre aux Îles-de-la-Madeleine. Les baigneurs devraient-ils craindre Brunswick? Non, assure la spécialiste. 

«Sur une carte, ça a l’air très très proche des rives. Mais c’est à plusieurs kilomètres des plages. À moins d’aller se baigner à travers un banc de phoques, il n’y a rien à craindre», précise Lyne Morissette. 

Pour la chercheuse, la présence de ce requin blanc près des Îles-de-la-Madeleine est même une bonne nouvelle. «Le requin blanc est une espèce plus menacée que menaçante. C’est vraiment une super bonne nouvelle de le voir parmi nous», explique-t-elle. 

Des émetteurs controversés 

Pour traquer les requins, l’organisme capture les squales afin de leur implanter chirurgicalement un émetteur, qui enverra un signal chaque fois que l’animal sortira de l’eau. C’est ce que reproche la spécialiste à Ocearch en ce qui a trait aux données sur les requins.  

«Avec la technologie qu’on a, on peut faire ça en plongée avec un harpon, sans devoir sortir le poisson de l’eau», soutient Mme Morissette. 

Contrairement aux baleines, qui doivent ressortir de l’eau toutes les 20 minutes pour respirer, les requins peuvent rester sous l’eau indéfiniment. C’est donc dire que la prochaine fois que Brunswick émettra un signal, il pourrait être à peu près n’importe où. 

Une carte interactive comme celle que propose Ocearch est un outil éducatif très puissant, souligne la chercheuse. 

«C’est intéressant de savoir où vont les animaux. Quand on connait où ils vont, on fait en sorte que ça devient une terre d’accueil pour eux», conclut Lyne Morissette. 

Brunswick a été repéré pour la première fois le 27 février au large de la Géorgie. Puis, le squale a remonté les côtes de la Caroline du Sud et du Nord, puis celles de la Virginie. 

Brunswick a ensuite été vu près de Nantucket, dans le Rhode Island, avant de contourner la Nouvelle-Écosse pour venir rejoindre les Îles-de-la-Madeleine. 

Où et quand sera-t-il repéré ensuite? Impossible à dire! 

Pour suivre Brunswick, cliquez ici.