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Vacances en péril pour 350 familles

La Sépaq confirme que des sites d’hébergement ne pourront accueillir de vacanciers à partir de samedi

Vacances en péril pour 350 familles
Photo courtoisie, Sépaq

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Après avoir annoncé que tous ses établissements demeuraient ouverts malgré la grève de ses employés syndiqués, la Sépaq a publié sur son site web une liste de 16 sites d’hébergement qui seront fermés à compter de samedi, mesure qui touchera 350 familles. 

Un total de 16 parcs nationaux ou établissements touristiques verront certains de leur type d’hébergement être paralysés par la grève générale qui pourrait débuter samedi, en même temps que les vacances de la construction.  

La Sépaq confirme qu’un total de 350 réservations pourraient être annulées, et ce, à la dernière minute. 

Séjours annulés 

La société gouvernementale indique sur son site web que les clients « arrivés avant le 20 juillet 2019 pourront terminer leur séjour tel que prévu à leur réservation ». Toutefois, ceux qui avaient prévu arriver avec le début des vacances de la construction auront moins de chance. 

« Pour l’hébergement, aucune arrivée ne pourra se faire à compter du 20 juillet dans les unités ciblées », ajoute la Sépaq. 

La Sépaq ajoute également « qu’il est possible que le ménage dans les unités d’hébergement qui demeureront ouvertes soit fait de façon sommaire ». 

La direction de la Sépaq confirme également que la location d’embarcations et de vélos, les activités de découverte, certaines boutiques, des plages surveillées, des piscines, des casse-croûtes et autres pourraient être fermés dans l’un ou l’autre des parcs. 

Des mesures de remboursement, de crédit ou de déplacement des séjours seront offertes aux gens touchés.  

Grève à venir à l’aquarium ? 

Jeudi, des employés en grève ont également décidé de se rendre à l’Aquarium de Québec en matinée. 

Des employés de la Sépaq ont manifesté devant l’Aquarium de Québec, jeudi, en matinée.
Photo Stevens LeBlanc
Des employés de la Sépaq ont manifesté devant l’Aquarium de Québec, jeudi, en matinée.

Ils étaient près d’une vingtaine à scander des slogans de solidarité. Munis de drapeaux et trompettes, les grévistes ont débarqué en surprise parmi les visiteurs. Bien que la grève ne touche pas les employés de l’Aquarium, les syndiqués ont tenu à se rendre sur le site en guise d’avertissement. 

« On est ici pour sensibiliser les gens. Et si l’employeur n’entend pas le cri du cœur de nos syndiqués, bien les employés de l’Aquarium aussi éventuellement seront en grève », indique Annie Dallaire, représentante régionale de la SFPQ Québec et Chaudière-Appalaches. 

Les grévistes n’ont en aucun temps empêché les visiteurs d’entrer sur le site. 

Négos toujours en cours 

Cherchant toujours à dénouer l’impasse avant la journée critique de demain, l’employeur et le syndicat ont poursuivi les négociations, jeudi. 

Les deux parties se sont d’ailleurs entendues pour n’accorder aucune entrevue, préférant laisser le conciliateur appelé à la table de négociations faire avancer les choses. Aucune information sur l’avancement des discussions n’a filtré de part et d’autre. 

La négociation doit se poursuivre vendredi. 

— Avec la collaboration de Catherine Bouchard. 

Les pourvoiries suivent la négo de près 

Les propriétaires de pourvoiries du Québec observent attentivement les négociations en cours à la Sépaq, eux qui peinent déjà à recruter des employés et à offrir des salaires compétitifs. 

Le président de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde, admet que ses membres scrutent les négociations actuellement en cours dans le réseau public. S’il fallait que les salaires grimpent trop rapidement à la Sépaq, certains pourvoyeurs craignent « avoir de la misère à suivre ». 

« Si la rémunération augmente trop à la société d’État, ça pourrait être critique pour nous », lance sans détour M. Plourde. 

« S’il y a un déséquilibre trop important pour des postes similaires, ça va être difficile de suivre pour nos gens », ajoute le président de la fédération. 

À titre d’exemple, des guides-accompagnateurs à la Sépaq peuvent gagner entre 13,75 $ et 18,80 $ de l’heure. Des préposés au matériel, des garde-parcs, animateurs ou préposés aux opérations peuvent quant à eux être payés entre 15 $ et 20,52 $ de l’heure. 

Recrutement difficile 

Dans certaines pourvoiries contactées par Le Journal, on confirme que le recrutement est ardu depuis quelque temps. 

« C’est difficile de comparer parce qu’on doit nourrir et loger les employés, puisque notre site est en forêt, sans route d’accès », explique Nicolas Bernard, de la Seigneurie du Triton. 

« C’est une de nos réalités. Quand on regarde la carte, les parcs de la Sépaq et ceux du privé, souvent on est les plus éloignés. C’est un autre élément difficile dans le recrutement avec lequel on doit composer », fait valoir Marc Plourde.  

« S’il fallait que les salaires au public montent trop, la contrainte d’éloignement va être encore plus difficile à combler ». 

Le salaire est la clé 

Il y a toutefois un pourvoyeur qui appuie les employés de la Sépaq. Réal Massé, qui a choisi d’augmenter les salaires de ses employés, ne comprend pas que certains gagnent encore 13 $ de l’heure. 

« Quand le salaire minimum a augmenté de 50 sous, moi j’ai donné 3 $ de l’heure à tous mes employés. Et le salaire de base chez nous est de 18 $ de l’heure, logé, nourri », lance le passionné de pêche. 

LES IMPACTS DE LA GRÈVE À LA SÉPAQ  

  • 23 PARCS nationaux de la Sépaq seront en grève dès demain 
  • 16 parcs ou établissements touristiques verront leur hébergement chamboulé 
  • Certains campings, chalets, yourtes, canot-camping, prêt-à-camper et camps rustiques seront fermés 
  • D’autres services, comme des locations d’équipement, casse-croûtes, plages, piscines, activités de découverte, centres de services et autres seront fermés  

► La liste complète est disponible sur le site web de la Sépaq : www.sepaq.com