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Omnium britannique: tombé dans la potion

Graeme McDowell s’élance chez lui au 148e Open

Graeme McDowell a la chance de disputer l’Omnium britannique chez lui.
Photo AFP Graeme McDowell a la chance de disputer l’Omnium britannique chez lui.

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PORTRUSH, Irlande du Nord | Quand il a planté sa balle sur le premier tertre sur le coup de 9 h 14 jeudi matin, Graeme McDowell a bien failli essuyer des larmes. Il s’élançait chez lui, à l’Omnium britannique, sur le parcours où il a appris les rudiments du golf.

« G-Mac » est un enfant de Portrush. Haut comme trois pommes, il a croisé l’affiche de Fred Daly en ville des milliers de fois. Il a aussi grandi avec le récit de la victoire de Max Faulkner à l’Open de 1951.

Daly est le premier Nord-Irlandais à avoir tenu la Claret Jug. C’était en 1947, au Royal Liverpool. Il était aussitôt devenu une légende en ville. Il a fait rêver et inspiré les jeunes. McDowell était l’un d’eux dans ce coin reculé de l’Irlande du Nord.

Il n’était pas membre du Royal Portrush, mais plutôt du club Rathmore, à 500 verges à l’ouest du pavillon du club royal.

Rathmore regroupait les artisans et les travailleurs de la région. Il fallait résider dans un rayon de 50 km des limites de Portrush pour y avoir accès. Avec ses trois boulots, c’est ce que pouvait offrir le paternel McDowell. Certains privilèges permettaient au clan de jouer le Valley Links et quelques fois le Dunluce.

Justin Rose est bien placé au classement, lui qui a retranché deux coups à la normale.
Photo AFP
Justin Rose est bien placé au classement, lui qui a retranché deux coups à la normale.

Aucun plan

Comme son père, Graeme est rapidement tombé en amour avec le sport.

« Par chance, dans notre coin du monde, c’était bon marché et accessible », a-t-il raconté.

Dans les clubs juniors de la ville, il a livré bataille à de grands rivaux, dont celui qui porte maintenant le sac de Brooks Koepka, Ricky Elliott. Ces batailles l’ont formé et forcé à être à son mieux. Il vibrait au rythme de la compétition et de la vie dans un club de golf.

« Ce sport m’a vraiment gardé sur la bonne route en m’éloignant des troubles. J’aurais pu virer autrement. Donc, je suis en quelque sorte chanceux que ce sport ait été si bon marché. »

McDowell ne croyait pas être promu un jour chez les pros. Comme n’importe quel adolescent, il cherchait sa voie sans plan A ni plan B. Il désirait devenir un bon golfeur. Point final. Les amateurs avaient la cote en Irlande du Nord. Une expérience de bénévole au Championnat amateur britannique de 1993 lui a ouvert les yeux.

Situé sur la côte de l’Atlantique Nord, le magnifique club Royal Portrush, en Irlande du Nord, a donné
des maux de tête aux meilleurs golfeurs de la planète, lors de la première ronde de l’Omnium
britannique.
Photo AFP
Situé sur la côte de l’Atlantique Nord, le magnifique club Royal Portrush, en Irlande du Nord, a donné des maux de tête aux meilleurs golfeurs de la planète, lors de la première ronde de l’Omnium britannique.

Destinée

Il a retroussé ses manches, devenant un excellent amateur, participant et remportant la coupe Walker avec les Européens en 2001. Sa formation à l’Université de l’Alabama l’a amené à l’étape suivante avant de finalement passer chez les pros.

« J’étais doué en mathématiques et en physique. Je me dirigeais vers l’ingénierie, mais heureusement, je suis passé chez les pros en étant payé pour jouer le sport que j’ai toujours aimé. Ce sport m’a donné énormément et amené à de magnifiques endroits. »

S’il ne s’était pas qualifié pour l’Open cette année, il aurait accompli ses tâches caritatives en ville demandées par maman en partant ensuite avant le premier coup de départ. Ç’aurait été impossible d’endurer le supplice de regarder l’événement des lignes de côté sans y participer.

Heureusement, il n’a pas vécu ce scénario. Le golf l’a ramené chez lui grâce à ce billet tardif acquis à l’Omnium canadien à Hamilton en juin. Un objectif qu’il s’était fixé en faisant le point sur sa carrière, il y a un an. Ce roulé de 30 pieds au 72e trou n’était pas le plus important de sa carrière, mais le plus significatif, a-t-il affirmé.

Tommy Fleetwood semblait songeur sur le tertre du 9e trou.
Photo AFP
Tommy Fleetwood semblait songeur sur le tertre du 9e trou.

Ville en ébullition

Quand « G-Mac » a finalement posé les pieds à la maison la semaine dernière après être passé sous le couperet à l’Omnium d’Écosse, il a constaté la magnitude du championnat auquel il a pourtant participé 13 fois. Jamais il n’avait rêvé de disputer l’Omnium britannique chez lui. C’était inimaginable compte tenu de l’ampleur et du climat politique.

« Les infrastructures sont énormes quand on les voit chez soi. Les retombées économiques le sont tout autant. Tout le monde en profite. L’atmosphère est incroyable. La ville est en ébullition. Je n’ai jamais vu Portrush si belle. »

Ayant rarement senti autant de nervosité dans sa carrière en se présentant sur un tertre malgré ses 39 ans, McDowell a appris une nouvelle leçon sur le Dunluce Links, concluant la ronde initiale à +2 malgré un bon départ. Il doit encore retrousser ses manches s’il veut reluquer la Claret Jug et la soulever devant les siens.

En restant dans la course, il écrirait une véritable histoire de Cendrillon, les Irlandais derrière lui.