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Stéphane Waite dévoile ses plans pour Carey Price

Stéphane Waite dévoile ses plans pour Carey Price
PIerre-Paul Poulin / JdeM

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Lorsqu’il s’amènera au camp d’entraînement en septembre, Carey Price écoulera la deuxième année de son pacte astronomique d’une valeur de 84 millions $ que lui a consenti le Canadien de Montréal à l’été 2017.

L’homme masqué du Tricolore engloutira 10,5 millions $ sur la masse salariale de l’équipe, mais il disputera moins de matchs que la campagne précédente, où il a été partant dans 64 de ses 66 présences. La décision de recruter Keith Kinkaid dans le rôle de réserviste y est pour beaucoup, selon l’entraîneur des gardiens Stéphane Waite.

«Dans un monde idéal, (Kinkaid) amorcera plus ou moins 25 rencontres, a-t-il prévenu dans un entretien avec TVA Sports, jeudi.

«Pour Carey, entre 55 et 60 départs, c’est un bon nombre.»

Vingt-cinq, c’est un peu plus du quart des affrontements dans un calendrier. Pour Waite, qui est au service du CH depuis maintenant six ans, le rôle de Kinkaid sera crucial en vue de la course aux séries.

«C’est un nombre très important dans une saison, reconnaît-il, et plusieurs choses peuvent survenir : une blessure, une course aux séries où tu dois utiliser davantage ton gardien numéro un...»

«Quand je rédige un calendrier avec Claude Julien, nous essayons de le respecter. J’espère que ça va bien aller.»

Nouvelle époque

Selon Waite, confier un très grand nombre de départs aux gardiens numéro un ne cadre plus avec la réalité de la nouvelle LNH. Cela explique pourquoi Price ne devrait plus garder les buts dans 65, 66 ou 70 duels en une seule campagne.

«Avant, les gardiens numéro un obtenaient souvent 70 départs et c’était normal. Ça ne se fait plus maintenant, explique Waite, qui a défendu son protégé.

«Certains veulent reprocher à Carey de ne pas être devant le filet 70 soirs par année. Ce n’est pas lui qui décide, mais bien nous les "coachs". Carey veut jouer tous les matchs, lui.»

Selon Waite, le numéro 31 n’aime pas regarder les matchs du bout du banc.

«On doit lui faire comprendre que pour exceller à chacune de ses sorties, il doit avoir moins de départs. C’est juste normal avec la pression et les voyages. C’est pourquoi le rôle du réserviste est devenu tellement important.»

Quant à Charlie Lindgren, il faut comprendre que la mise sous contrat de Kinkaid n’est en rien un désaveu à l’endroit du gardien du Rocket de Laval.

«C’est un emploi très difficile et c’est pourquoi on fait de plus en plus appel à des vétérans au lieu d’avoir un jeune au bout du banc, comme c’est le cas pour Lindgren ou Michael McNiven.

«Il faut qu’ils jouent beaucoup et ce n’est pas à Montréal qu’ils vont le faire.»

La mission de Kinkaid

Depuis le début de la saison estivale, Kinkaid est jusqu’ici, avec le défenseur Ben Chiarot, l'une des prises importantes du directeur général Marc Bergevin sur le marché des joueurs autonomes. Mais le rôle que l'auxiliaire occupera sera crucial, estime Waite.

«L’arrivée de Keith est bien vue, assure-t-il. Il est un vétéran qui a disputé 150 matchs dans la LNH. C’est le fun pour Carey, car ça lui enlève une certaine pression. C’est certain. Il ne se sentira pas obligé de jouer 65 à 70 rencontres.

«C’est important pour le reste de l’équipe de savoir que nous avons un réserviste d’expérience et en lequel on peut avoir confiance.»

Waite se dit déjà impressionné par le nouveau portier, qui avait remporté quatre de ses cinq dernières sorties contre sa nouvelle équipe, lorsqu’il évoluait avec les Devils du New Jersey.

«Il a de belles attentions, il est intelligent et j’aime son gabarit. Il est en contrôle dans sa façon de jouer. C’est sûr qu’il a des ajustements à faire et nous avons regardé des vidéos. Il y a des choses que je veux travailler avec lui au camp. Je suis très optimiste par sa venue», a indiqué Waite, qui a une grande confiance en Kinkaid.

«Si tu n’as pas un bon numéro 2, tu n’atteindras pas les séries. Ce sont des matchs très importants.

«C’est un rôle ingrat, parce que tu ne joues pas souvent et tu t’entraînes deux fois plus que le numéro un. Tu ne peux pas te permettre de rater d’entraînements parce que tu joues moins souvent.

«On s’était remis en question»

À l’automne, Kinkaid remplacera Antti Niemi, qui avait pris part à 17 confrontations la saison dernière avec un dossier de 8-6-2 et un taux d'efficacité laborieux de ,887. Un tel rendement n’a pas aidé la cause du CH, qui a raté les éliminatoires par deux points.

Price, pendant ce temps, a relativement bien fait même si sa constance lui a été reprochée. Au final, sa fiche de 35-24-6 et sa moyenne de buts alloués de 2,64 (,918) a rassuré l’état-major. Un an plus tôt, il a conclu avec un rendement de 16-26-7 et une moyenne de 3,11.

«On est très contents de sa saison étant donné la façon dont il a rebondi de la précédente, a admis l’entraîneur des gardiens. Nous avions eu de très bonnes rencontres après la saison.

«On s’était remis en question tous les deux, car on avait passé un bel été auparavant. Nous sommes revenus à la base et on a regardé des vidéos d’il y a trois ans, lorsqu’il était au sommet de sa forme.»

«Il faut donner le mérite à Carey. Il est revenu très fort et il s’est imposé comme l’un des meilleurs de la ligue. Mais tout ça ne compte plus à compter de septembre prochain, car il faudra recommencer à zéro.»

Entre-temps, les deux hommes n’ont aucun mal à prendre leurs distances pendant l’été.

«La saison, c’est huit mois pendant lesquels on se voit tous les jours. On se voit plus souvent qu’on voit nos épouses!»