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ZH Festival: le grand laboratoire

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Le ZH Festival, qui débutera mardi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, souhaite offrir une scène à des projets de théâtre, de danse et de musique parfois plus innovants et audacieux, de sorte qu’ils puissent ensuite s’épanouir durablement. Regard sur quatre projets prometteurs avec Mellissa Larivière, comédienne et directrice de l'événement.

1- «À GO, on criss le feu», le 23 juillet à 20 h

Présentée en ouverture du festival, la pièce «À GO, on criss le feu» souhaite lancer une réflexion sur les milléniaux et sur leurs questionnements par rapport au monde. Mis en scène par Valery Drapeau et écrit par Ève Landry, le texte promet d’être fort et indéniablement lucide vis-à-vis de notre époque.

«C’est le début de la programmation, le titre amène bien cette lancée-là. C’est un projet qui parle de la génération 2000, une génération très présente, qui bouillonne d’idées, qui a aussi ses questionnements existentiels. C’est du théâtre poétique, mais qui réfléchit également à notre rapport à la nature», décrit Mellissa Larivière.

«On se rend compte aussi que peu importe les époques, il y a toujours des questions universelles qui restent et c’est toujours important de se les repartager. Il y a une énergie, quelque chose de cru, de franc. Ça partait bien le festival.»

2- «Les avalanches», le 25 juillet à 20 h

Mis en scène et écrit par Julie Artacho, le projet «Les avalanches» cherche à questionner, par le biais d’une prestation scénique, nos réactions et nos réflexes lorsque l’on est témoin de harcèlement ou d’un acte d’agression. Le spectacle sera également suivi d’une discussion avec l’organisme Je suis indestructible.

«Julie Artacho est une photographe, c’est également une militante, une féministe. Le projet rassemble environ une dizaine de femmes, et c’est vraiment pour se questionner sur les gestes, sur les possibilités de réagir, de ne pas réagir, de douter, de s’enfuir, de rester quand on est témoin d’agression.»

«Pourquoi attend-on que le geste aille toujours plus loin pour réaliser qu’il est inapproprié?»

3- «PRÉSENCES, nos corps racontent», le 4 août à 19 h

La pièce «PRÉSENCES, nos corps racontent» sera présentée gratuitement, au terme d’une résidence de création d’une semaine. L'idée principale, élaborée par Jocelyn Pelletier et Mellissa Larivière: tenter de créer un spectacle de sorte que les malentendants tout comme les entendants puissent y trouver leur compte.

«C’est Jocelyn Pelletier, qui est un jeune metteur en scène, finissant de l’École nationale de théâtre, qui est à la barre du projet, souligne la directrice de ZH Festival. C’est un spectacle créé par des artistes sourds et des artistes entendants, pour tenter de trouver un langage commun dans la performance.»

«ZH c’est un laboratoire avant tout, et on a l’occasion ici de pouvoir réfléchir et de créer autour de ça, et peut-être de commencer à créer un langage qui pourrait perdurer.»

4- «ROCK BIÈRE: Le documentaire», le 17 août à 21 h 30

Mis en scène par Geneviève Labelle, le spectacle «ROCK BIÈRE: Le documentaire» souhaite réfléchir à la sous-représentation des drag kings par rapport aux drag queens. Alors qu’ils forment pourtant une communauté bien établie, force est de constater que les drag kings se retrouvent souvent dans l’ombre de leur vis-à-vis.

«Pourquoi les drag kings, davantage en lien avec la communauté lesbienne et queer, demeurent invisibles, dans la communauté LGBT, ou dans les médias de façon générale?»

«On soulève cette question de manière sympathique cela dit. Ce n’est pas nécessairement une guerre qui est lancée, c’est simplement un questionnement autour de l’histoire du drag king versus du drag queen. Il y a un côté bienveillant par rapport au questionnement. L’idée, c’est de susciter l’intérêt», indique Mme Larivière.

Un festival pour nourrir l’audace

Récipiendaire en mars dernier du Prix du jury lors de la 34e édition du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, le ZH Festival a su démontrer à travers le temps qu’il occupe désormais une place importante au sein de l’écosystème du théâtre à Montréal.

«ZH est devenu avec les années une chambre d’écoute pour les artistes, un "safe space" créatif pour des projets encore en chantier et des nouvelles créations, même des laboratoires», soutient Mellissa Larivière, cofondatrice de l’événement.

Lançant cet été sa 11e édition, le ZH festival permet aux créateurs et créatrices ainsi qu’aux artistes émergents d’avoir une scène et des ressources à partir desquelles développer leurs projets. Si certaines compagnies de théâtre faisant partie de la programmation sont déjà bien établies, d’autres profitent de l’événement comme d’un tremplin pour ainsi nourrir leur démarche et se frayer une place dans le milieu.

«On essaie toujours de trouver une manière de soutenir la création, d’aider les artistes et les projets qu’on sélectionne, de sorte que grâce à ce rendez-vous-là, et pour certains artistes ce deadline-là, un mouvement puisse s’amorcer et que certains projets arrivent à éclore», poursuit Mellissa Larivière.

L’engouement devient de plus en plus fort autour du ZH Festival: plus de 300 propositions ont été soumises et 34 ont été retenues. Si la métropole doutait du foisonnement entourant la création artistique sur son territoire, elle n’a indéniablement plus à le faire.

«Pour l’artiste, de pouvoir créer et d’amener à terme un projet, c’est aussi le début d’un chemin», conclut la directrice.