/opinion/columnists
Navigation

Enfant-de-chienniser vos vacances

Coup d'oeil sur cet article

Ce sont des milliers de Québécois qui risquent de voir leurs vacances carrément bousillées par la grève générale qui pourrait être déclenchée samedi par les employés de la Sépaq.  

À moins d’une entente de dernière minute, ces contribuables, qui ont bûché toute l’année durant pour se payer quelques jours de repos dans notre belle nature, verront leurs plans potentiellement tomber à l’eau.   

Imaginez. Vous planifiez par exemple une semaine de camping en famille depuis des mois. Vous vous êtes accrochés à cette perspective emballante pour passer au travers d’un hiver interminable et d’un printemps exécrable. Vos enfants ne se peuvent plus tellement ils ont hâte. Les préparatifs vont bon train. Et alors que le temps est enfin venu de décrocher et de vous accrocher un sourire, voilà qu’un maudit syndicat vient tout foutre en l’air.   

Un syndicat qui décide d’enfant-de-chienniser vos vacances, de mettre un fusil sur la tempe du gouvernement et de carrément jouer avec votre santé mentale. C’est aberrant. Frustrant, enrageant, décourageant. C’est dégueulasse.   

 Revendications  

Je vais sûrement recevoir une tonne de courriels d’employés de la Sépaq qui voudront m’expliquer qu’ils ne gagnent pas assez, que leur situation est précaire, etc.   

Et ils ont probablement raison. J’arrive tout juste d’un séjour de pêche dans une merveilleuse réserve faunique de la région de Portneuf. J’y ai vu des employés sympathiques, dévoués. Des installations bien entretenues dans un environnement paradisiaque. Le problème, ce n’est pas les employés ou la pertinence de leurs exigences.   

Le problème, c’est encore et toujours cette manière de faire archaïque de nos chers syndicats et de leurs bonzes grassement payés à même les cotisations obligatoires (désuète formule Rand !).   

Comme au siècle dernier, ils croient qu’en prenant la population en otage, le gouvernement sentira une pression insoutenable et qu’il souffrira dans l’opinion publique s’il refuse de céder au chantage.   

Désuétude  

Mais il y a eu un changement de paradigme au Québec. Elle est révolue l’époque où, sans les syndicats, le travailleur moyen se faisait quasi systématiquement exploiter. Le sentiment de révolte n’est plus là. L’employeur ne joue plus automatiquement le rôle du méchant. Et surtout, surtout, le contribuable commence à en avoir plein son casque d’être instrumentalisé à ses dépens.   

Si le syndicat des employés de la Sépaq pense avoir la population de son bord en agissant en voyou gâcheur de bon temps, il se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude.   

Tout ce qu’il arrivera à accomplir, c’est de créer de la détresse chez les personnes touchées et, qui plus est, de faire en sorte que pour la prochaine saison estivale, un nombre important de Québécois vont décider de lever les feutres pour aller prendre leurs vacances à l’extérieur du Québec parce que « cibole, c’est pas vrai que je vais me faire pogner une autre fois ».   

J’ignore s’il y aura un règlement au cours des prochaines heures. Peu importe, on aura l’impression que le mal aura déjà été fait. Aux vacanciers brimés, je dis bonne chance, nous pensons à vous. Au syndicat de la Sépaq, je dis honte à vous.