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Pas de prison même s’il a tué son frère

Le Montréalais a pris soin de lui avec dévouement pendant de nombreuses années malgré la maladie

Robert Dubuc
Photo Pierre-Paul Poulin

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Un aidant naturel épuisé qui a reconnu avoir tué son frère souffrant de démence lors d’une dispute il y a deux ans a évité la prison, mais devra entre autres suivre un programme pour l’aider à traverser le deuil.

« La mort est attribuable à un état physique fragilisé chez la victime, combiné à un état psychologique fragilisé chez l’accusé [Robert Dubuc], a conclu le juge de la Cour supérieure Marc David. La mort n’était pas non plus un résultat contemplé, désiré ou voulu. »

Selon le magistrat, « le bien dépasse largement le mal dans ce dossier ». Robert Dubuc, 65 ans, a pris soin avec dévouement pendant de nombreuses années de son petit frère de 62 ans Richard, très malade.

Dispute fatale

Le 5 octobre 2017, une dispute entre les deux sexagénaires dans leur appartement du nord de Montréal s’est avérée fatale pour la victime après que sa tête eut frappé un mur.

D’abord accusé de meurtre non prémédité, Dubuc a finalement plaidé coupable d’homicide involontaire en novembre dernier, au palais de justice de Montréal.

« Son œuvre d’aidant naturel ne peut se résumer en un seul acte de violence fatidique. Le Tribunal doit aussi considérer toute l’assistance que l’accusé a offerte à son frère défunt [durant sa vie] », a fait valoir le juge David, soulignant que cette triste affaire s’apparente « plus à l’accident qu’au meurtre ».

En effet, la maladie mentale de Richard Dubuc a fragilisé son cerveau et a aussi contribué à son décès, au-delà de la bousculade avec son frère. Un individu en meilleure santé « ne serait pas décédé du coup infligé », a écrit le magistrat, ajoutant que « le geste posé ne s’excuse pas, mais il s’explique ».

Après six mois de prison

En imposant sa peine, le juge a pris en compte les « sentiments de remords et culpabilité omniprésents » de l’accusé. Il a aussi souligné qu’il n’existe aucun risque de récidive et que Dubuc n’avait aucun antécédent judiciaire.

« La peine juste exclut une période d’emprisonnement additionnelle », estime-t-il, alors que Dubuc a déjà purgé l’équivalent de six mois et demi de prison après son arrestation.

Or, ça ne veut pas dire que le Montréalais en a fini avec la justice, alors qu’il devra se conformer pendant trois ans à de nombreuses conditions qui lui ont été imposées vendredi.

Il devra notamment effectuer 240 heures de travaux communautaires en 18 mois, suivre un programme pour l’accompagner dans le deuil de son frère et toute thérapie jugée nécessaire par son agent de probation.

En sortant de la salle de cour, Robert Dubuc a remercié le juge pour son « empathie » face à sa situation de détresse du moment.