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Une opposition instable

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Malgré ce qu’il prétendait, il était très peu probable que Richard Côté, ex-bras droit du maire Labeaume, demeure « dans l’ombre » comme conseiller spécial pour l’opposition à l’hôtel de ville, dont il a grossi les rangs en février.

Une porte s’est ouverte toute grande pour lui, avec le départ de Zoé Couture comme directrice de cabinet. Il s’est empressé d’y entrer. Certes, M. Côté n’aspire pas à se porter candidat à la mairie pour le moment, mais de nombreux revirements pourraient encore survenir.

Il faudra voir si Régis Labeaume sera de nouveau candidat, en 2021, et suivre l’évolution de Québec 21, dont la machine n’a toujours pas levé, depuis la dernière élection en 2017.

Mme Couture a fait du bon boulot depuis son arrivée, il y a un an et demi. Elle n’en a rien dit, mais je devine qu’elle avait l’impression d’avoir fait le tour du jardin et de manquer de défis. On pourrait bien la retrouver à la CAQ, ou chez les conservateurs.

Quoi qu’il en soit, grâce à l’apport de la chef de cabinet sortante, le chef Jean-François Gosselin s’exprime mieux, et est parvenu à passer quelques idées. On est encore loin, toutefois, d’un chef solide qui sait communiquer sa vision pour la ville. À part de soutenir le troisième lien, un projet provincial et pour lequel seule la rive sud trouvera son compte, et de s’opposer au tramway, il n’est pas parvenu à s’imposer dans un dossier qui puisse lui permettre de se distinguer.

Chicanes internes

Ce printemps, au lieu de surfer sur l’élection – au terme d’une victoire fragile certes, mais victoire quand même – d’un troisième conseiller, l’opposition s’est enfoncée dans des chicanes internes. Le leadership de M. Gosselin a été mis à rude épreuve, et des démissions en bloc au sein du conseil et de la direction du parti ont révélé de sérieuses lacunes à divers égards.

Il reste à souhaiter que Richard Côté puisse amener une certaine stabilité, et consolider des appuis qui comptent. Il s’agit en effet d’un parti fragile dont j’ai bien l’impression que les militants, aussi étrange que cela puisse paraître, vivent à l’extérieur de la ville de Québec. De tels appuis, à part une visibilité sur les réseaux sociaux, n’apportent rien dans le contexte d’une élection. Et en disent long sur la valeur des orientations dudit parti.

Le nouveau chef de cabinet pourra certes être à son tour d’une aide précieuse. Mais il ne pourra quand même pas se glisser dans la peau du chef. Ce sera là tout le défi.